2025 : une année presque 100 % DNC

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Maud LAFON

Rétrospective

Les vétérinaires sont désormais habitués : à chaque année, sa nouvelle épizootie et 2025 a été celle de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Elle a engendré des tensions qui ont débordé le seul monde rural et englobé l'opinion publique et l'ensemble de la profession vétérinaire, y compris les confrères de canine. Cette actualité brûlante aurait presque éclipsé les nombreux dossiers qui ont concerné la profession l'an dernier. Retour sur une année particulière pour les vétérinaires.

Une année sans fichier I-fap

La SAPV (Société d'actions et de promotion vétérinaires, filiale du SNVEL1) n'ayant pas souhaité recandidater pour la gestion du fichier I-fap, le site Internet de ce fichier des animaux non domestiques captifs a été fermé en plusieurs étapes en attendant le lancement d'une nouvelle plate-forme qui n'était toujours pas opérationnelle au 15 janvier 2026 (DV n° 1737). Depuis le 1er janvier 2025, les enregistrements papiers et dématérialisés dans le fichier sont donc suspendus.

Le nouveau gestionnaire, pour une durée de 3 ans, choisi par le ministère de la Transition écologique est Scop'It, entreprise spécialisée dans la gestion administrative externalisée.

Assises du sanitaire : poser les bases des contrats sanitaires de filière

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a lancé, le 30 janvier 2025, en présence de 200 participants, dont les représentants des vétérinaires (SNVEL, Ordre, SNGTV2, FSVF3, SNVECO4), les Assises du sanitaire animal, qui ont été l'occasion de « poser les bases » des contrats sanitaires de filière (DV n° 1740).

Les productions concernées (ruminants, porcs et volailles) devaient partager un « socle commun » qui devait comporter « notamment l'amélioration de la gouvernance de l'organisation sanitaire au niveau national ».

Chaque groupe de travail devait élaborer ensuite de son côté son propre « contrat sanitaire de filière ». Ceux-ci devaient notamment prévoir « le renforcement, d'une part, de la surveillance dans les élevages, en intégrant les enjeux de santé publique (Une seule santé), et d'autre part de la prévention, en particulier avec le renforcement de la biosécurité et la mise en oeuvre de campagnes de vaccination préventives ».

Ce chantier, qui devait associer l'amont et l'aval des filières, est censé clarifier « les rôles de tous les acteurs, dont l'État, face aux différentes maladies ».

Le déploiement de ces contrats sanitaires était prévu pour cette année.

Lors de ses voeux, le 7 janvier dernier, le président du Conseil national de l'Ordre des vétérinaires, notre confrère Jacques Guérin, a appelé à ce que la dynamique de ces dossiers soit relancée.

IAHP : la France retrouve le statut indemne... et le reperd

Après un mois sans détection de nouveau foyer d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), la France a de nouveau pu déclarer un statut indemne auprès de l'Omsa5, le 5 février 2025 (DV n° 1741). Pour autant, le risque de contamination n'est pas nul et les mesures de surveillance et de prévention sont restées d'actualité toute l'année.

62 millions de canards ont été vaccinés au cours des campagnes 2023-2024 et 2024-2025.

Mais après une amélioration de la situation sanitaire au printemps, de nouveaux cas ont été détectés dans des élevages de volailles dès la fin de l'été, conduisant la France à repasser à un niveau de risque « élevé » vis-à-vis de la maladie à compter du 22 octobre alors qu'elle était passée en niveau « négligeable » le 8 mai.

Ainsi, pour la saison actuelle, qui s'étend d'août 2025 à fin juillet 2026, la France a fait face à plusieurs foyers d'IAHP. Au 14 janvier, on recensait 110 foyers dans des élevages commerciaux et 18 foyers dans des basses-cours et chez des oiseaux captifs non commerciaux.

Le risque est toujours au niveau « élevé ».

La délégation d'actes est lancée mais pas encore autorisée

Après une adoption par le Sénat, le 18 février 2025 (à 218 voix contre 107), puis par une commission mixte parlementaire, composée de sept sénateurs et sept députés, dans la foulée (10 votes pour et 4 contre), le texte remanié de la loi d'orientation agricole (LOA) a été voté par l'Assemblée nationale (à 369 voix pour et 160 contre), le 19 février, puis par le Sénat, le 20 février.

La loi a ensuite été officiellement promulguée le 24 mars (DV n° 1747).

Plusieurs mesures concernent les vétérinaires et notamment l'article 18 de la loi, tel que numéroté après son passage au Sénat (qui était l'article 7 du projet initial), qui porte sur la délégation de certains actes aux auxiliaires vétérinaires sous conditions.

Ainsi, la LOA dans sa version remaniée maintient cette délégation qui fera l'objet d'une certification pour certains étudiants, ASV et « ressortissants d'un État membre de l'Union européenne ou d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen qui remplissent les conditions requises pour bénéficier de la reconnaissance automatique de leurs qualifications professionnelles ».

Cette délégation reste très encadrée. Les personnes concernées devront être inscrites sur une liste tenue par l'Ordre, pratiquer sous la responsabilité d'au moins un vétérinaire présent dans l'établissement, pour des actes « figurant sur une liste définie par arrêté du ministre chargé de l'agriculture et pour lesquels elles justifient de compétences certifiées par le Conseil national de l'Ordre des vétérinaires ».

Les modalités d'application de la délégation seront fixées par un décret qui distinguera « au moins deux niveaux de délégation associés à des niveaux de formation distincts » qui n'avait toujours pas été publié début 2026.

En attendant ces décrets et arrêtés d'application, « la délégation n'est toujours pas possible dans nos établissements », insiste notre confrère David Quint, président du SNVEL depuis le 27 mars.

Les réflexions et recommandations de la FSVF pour faire évoluer l'enseignement vétérinaire

Etudiants, praticiens, spécialistes, inspecteurs de santé publique vétérinaire, vétérinaires de l'industrie et enseignants ont présenté leur vision du vétérinaire de demain et du besoin en formation lors du séminaire sur l'ensei­­gne­ment vétérinaire organisé par la Fédération des syndicats vétérinaires de France, le 2 avril, à la Maison des vétérinaires, à Paris (DV n° 1749).

De cette journée de réflexion sont nées
26 recom­mandations rendues publiques le 6 janvier 2026 qui insistent sur la précocité dans les études, le renforcement des compétences non techniques, notamment autour de la relation client, l'association des praticiens à la formation des jeunes ou encore le développement de carrières en recherche.

CalypsoVet : un déploiement insuffisant

Progressivement, les modules de saisie d'information et de facturation se déploient dans CalypsoVet ainsi que leur mise en relation avec les logiciels métier.

L'amélioration de la collecte de données sur la plate-forme a été le leitmotiv de l'année, notamment en termes de vente et d'usage d'antimicrobiens.

En effet, en 2024 seuls 4 086 vétérinaires ont rapporté leurs données concernant les usages d'antimicrobiens dans CalypsoVet (contre seulement 810 en 2023) (DV n° 1774). Ce nombre reste encore faible au regard de 21 494 praticiens (soit 19 % de déclarants) d'autant que l'exhaustivité est requise et que cette transmission d'informations est une obligation réglementaire en vertu du règlement 2019/6.

Mises sur le marché de médicaments innovants en canine

Plusieurs grandes innovations thérapeutiques ont été mises sur le marché en 2025 à destination des animaux de compagnie :

- Semintra 4 mg/ml ND (telmisartan) de Boehringer Ingelheim, « unique solution orale 2 en 1 pour les chats souffrant de maladie rénale chronique et/ou d'hypertension artérielle » (DV n° 1742) ;

- Zenrelia ND (ilunocitinib) d'Elanco, comprimés indiqués pour le traitement du prurit associé aux dermatites allergiques et des manifestations cliniques de la dermatite atopique chez le chien qui s'administrent en une unique prise quotidienne (DV n° 1765) ;

- Vikaly ND de Virbac, premier aliment médicamenteux pour chat indiqué pour la prise en charge de la maladie rénale chronique dans cette espèce (DV n° 1767), le prémélange médicamenteux, une suspension huileuse de bénazépril, ayant été intégré à l'enrobage des croquettes ; Vikaly ND a obtenu le Grand prix de l'innovation au congrès national de l'Afvac6, fin novembre, à Marseille ;

- Numelvi ND (atinvicitinib), de MSD Santé animale, premier inhibiteur de JAK de deuxième génération indiqué dans le traitement des dermatites allergiques chez le chien (DV n° 1767).

Inauguration du campus international du cheval dans le Calvados

Le Campus international du cheval, à Goustranville (14), a été officiellement inauguré le 17 juin (DV n° 1760). Unique au monde, entièrement dédié à la santé équine, à la recherche, à la formation et à l'innovation, il devient un pôle stratégique au service de la filière équine.

Porté par Normandie Équine Vallée, syndicat mixte réunissant la région Normandie et le département du Calvados, il regroupe sur un même site des étudiants vétérinaires (5e et 6e années) de l'école vétérinaire d'Alfort, des chercheurs, enseignants et professionnels de la santé équine (Anses7 et Fédération nationale des courses hippiques), des entreprises, start up et acteurs économiques de la filière (Comité régional d'équitation de Normandie, Conseil des chevaux de Normandie, Pôle Hippolia...).

DNC : l'épizootie de l'année... et d'après

La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a éclipsé la maladie hémorragique épizootique, en partie endiguée grâce aux campagnes de vaccination, et s'est développée sur fond d'influenza aviaire et de fièvre catarrhale ovine (FCO) persistant sous forme d'épisodes récurrents, y compris dans des régions jusqu'à présent épargnées, comme la Bretagne pour la FCO. Concernant cette maladie, le gouvernement a initié des campagnes de vaccination, gratuites pour les éleveurs, contre la FCO sérotypes 1, le dernier arrivé sur le sol français, et 8.

La DNC a donc été l'épizootie de 2025 et a malheureusement dépassé le cadre de cette seule année.

Le premier foyer a été confirmé le 29 juin, en Savoie (DV n° 1761), pour la première fois en France métropolitaine. Préalablement, la maladie avait fait l'objet d'une première détection en Europe depuis 2017, en Sardaigne, le 21 juin, puis dans le Nord de l'Italie le 25 juin. C'est alors le coup d'envoi des dépeuplements et des mises en place de zones règlementées dans le but de circonscrire la diffusion du virus.

Mais très vite, le nombre de cas augmente et plusieurs départements sont touchés. Pourtant, dès son diagnostic en France, la DNC mobilise de nombreux acteurs dont les vétérinaires (et leurs renforts, la réglementation permettant notamment d'enrôler les étudiants vétérinaires) en Savoie et en Haute-Savoie. L'objectif est l'éradication de cette maladie classée ADE par l'Union européenne (déclaration obligatoire et éradication immédiate).

Du côté des éleveurs, de l'opinion publique et de plusieurs vétérinaires, le dépleuplement total fait débat. Rarement une mesure sanitaire, pourtant scientifiquement justifiée, aura autant divisé.

Le Comité national d'orientation de la politique animale et végétale (Cnopsav) a approuvé, à la quasi-unanimité, le 16 juillet, la stratégie de lutte : abattage total dans les foyers, restrictions de mouvements et vaccination dans les zones réglementées. Cette prophylaxie médicale débute dès le 18 juillet.

Dans ce contexte tendu, le président du SNVEL, David Quint, adresse une lettre ouverte en soutien aux vétérinaires et à tous les acteurs, le 26 juillet. Il y appelle à l'apaisement et à l'application de la stratégie adoptée par le Cnopsav.

Le 29 août, on espérait encore une éradication rapide de la maladie, plus aucun foyer actif n'ayant été détecté sur le territoire. Espoir déçu puisque la maladie repart. Un nouveau foyer, le deuxième dans ce département, est confirmé dans l'Ain le 6 septem­bre et entraîne l'extension vers le Nord de la zone règlementée.

Le 18 septembre, le Rhône est touché et une zone règlementée est érigée autour du foyer.

Le 4 octobre, c'est au tour de l'Espagne de déclarer un premier foyer, en Catalogne, qu'une hypothèse rattache au foyer du Rhône, puis un second deux jours plus tard. Ce nouveau foyer modifie la zone de surveillance mise en place dans les Pyrénées-Orientales en France. 93 communes sont désormais concernées.

Suite à l'apparition de nouveaux foyers, la ministre de l'Agriculture annonce, le 17 octo­bre, une interdiction temporaire de l'export et des rassemblements d'animaux jusqu'au 4 novem­bre.

Une sixième zone règlementée a été instaurée suite à la détection d'un premier foyer en Ariège le 9 décembre.

La contestation contre l'abattage total a motivé un Cnopsav ce même jour qui a réaffirmé la nécessité de poursuivre l'application des mesures mises en place, dont le dépeuplement de l'ensemble des bovins des foyers, en vue d'une éradication de la maladie dans l'Hexagone.

Le 16 décembre, face à l'ampleur du traitement médiatique de la maladie, SNVEL, SNGTV, Union européenne des vétérinaires praticiens et Ordre des vétérinaires ont tenu une conférence de presse commune pour faire entendre la voix de la science dans le contexte de lutte contre la DNC (DV n° 1778-1779). Ils ont répondu aux questions des journalistes grand public venus en grand nombre et ont appelé au calme, en dénonçant les menaces proférées à l'encontre de plusieurs vétérinaires.

Au 27 décembre, 115 foyers (dont 76 dans les Savoie) avaient été détectés dans l'Hexagone depuis le 29 juin, dans sept départements.

Après plusieurs semaines de négociations, la France et l'Italie ont par ailleurs conclu un accord définissant les conditions sanitaires de mouvements de bovins issus de la zone vaccinale française vers l'Italie. Cet accord était très attendu par les éleveurs après plusieurs mois de suspension des échanges de bovins issus des zones réglementées définies autour des foyers de DNC.

Il permet, dès le 8 décembre, aux bovins vaccinés (depuis au moins 28 jours) et aux veaux nés de mères vaccinées, originaires des communes éligibles aux échanges de la zone vaccinale, d'être expédiés vers l'Italie sous réserve d'une protection contre les insectes vecteurs de la DNC, d'un examen clinique par un vétérinaire et de tests sanguins favorables avant leur départ.

Fin 2025, la situation semblait sous contrôle dans le Sud-Est où l'on a commencé à repeupler mais elle restait évolutive en Occitanie.

La France comptait, au 18 janvier, 117 foyers de DNC, le dernier datant du 31 décembre. Le 15 décembre, le ministère a démarré une campagne de vaccination élargie pour
750 000 bovins dans dix départements pyrénéens. Au 18 janvier, 94,3 % des animaux étaient vaccinés, selon le bilan officiel.

Le 18 janvier, la zone règlementée en Bourgogne-Franche-Comté a été levée. Quatre des six zones règlementées sont désormais levées, les deux zones restantes se trouvant en Occitanie.

A cette date, la situation sanitaire en France est stable. In fine, aucune autre épizootie en France n'aura suscité une telle remise en cause des fondements scientifiques de la lutte contre la maladie, ni une telle violence dirigée contre les vétérinaires et leur famille.

En Espagne, un nouveau cas a été confirmé le 5 janvier 2026 en Catalogne dans une ancienne zone réglementée où tous les bovins étaient donc censés être vaccinés. Il s'agit du 18e foyer en Espagne, la quasi-totalité d'entre eux se trouvant en Catalogne.

Les vétérinaires entendus sur le Certibiocide

Un arrêté du 9 septembre a levé le doute : les vétérinaires n'auront pas à suivre la journée de formation initialement prévue pour l'obtention du Certibiocide, ce certificat nécessaire au maniement de certains produits biocides (DV n° 1766), grâce à la mobilisation des organisations professionnelles vétérinaires et notamment du SNVEL. Nos confrères bénéficient à la place d'un dispositif de formation continue dédié, conçu par la profession, qui comprendra : un module en e-learning de mise à jour des connaissances, un QCM en ligne de contrôle des connaissances et une certification quinquennale intégrée dans CalypsoVet, pour simplifier la gestion et en assurer le suivi.

Les premiers modules tests seront déployés cette année avant une généralisation du dispositif en 2027 avec obligation de formation avant le 1er juillet 2027.

Une année d'élections ordinales

Le Conseil national de l'Ordre des vétérinaires (Cnov) a dévoilé, le 20 novembre, les résultats des élections, qui se sont déroulées le jour même, pour le renouvellement partiel de ses membres (DV n° 1775). Sept postes de conseillers sur 14 étaient à pourvoir. Trois nouveaux membres ont été élus (mandat de six ans) : Céline Riché (conseil régional (Crov) de Nouvelle-Aquitaine), Hervé Bossy (Crov Pays-de-la-Loire) et Cyrielle Taveau (Crov Auvergne-Rhône-Alpes).

Ils succèdent à Janine Guaguère qui avait démissionné avant la fin de son mandat et à deux autres membres qui ne se représentaient pas : Corinne Bisbarre et Christian Diaz.

Quatre candidats ont été réélus : Nathalie Blanc, Jacques Guérin (président sortant), Estelle Prietz et Eric Sannier.

Les sept autres membres actuels du Cnov dont les mandats n'étaient pas en jeu sont : Faustine Canonge, Christophe Hugnet, François Jolivet, Matthieu Mourou, Jean-Marc Petiot, Eric Vandaele et Marc Veilly.

Le Cnov a élu son nouveau bureau lors de sa session des 10 et 11 décembre, composé de nos confrères Jacques Guérin, président pour un quatrième mandat, Matthieu Mourou, vice-président, Nathalie Blanc, trésorière, et Marc Veilly, secrétaire général.

Les chevaux ne sont pas épargnés par les épizooties

Alors que les bovins sont aux prises avec la DNC, la filière équine connaît elle aussi son épizootie annuelle avec des foyers de fièvre à virus West Nile qui se multiplient et touchent une zone inédite : l'Ile-de-France (DV n° 1762).

Le mois d'août a ainsi été marqué par la mise en évidence de deux cas humains autochtones d'infection par le virus West Nile en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise et de deux cas équins dans les Yvelines. Puis de nouveaux cas équins ont été confirmés en Ile-de-France et ailleurs en France.

La maladie fait l'objet d'une déclaration obligatoire.

APForm organise le premier concours ASV dédié au bien-être animal

APForm a organisé le « tout premier concours ASV dédié au bien-être animal » (DV n° 1763). Destiné aux apprentis ASV en formation chez APForm et ASV échelon 5 en poste, il vise à valoriser leurs idées et initiatives et porte le nom de notre confrère Bruno Pelletier, disparu en octobre 2024, défenseur de la cause animale, acteur clé du monde associatif et syndical.

Quinze candidatures ont été enregistrées pour cette première édition organisée en partenariat avec le Jane Goodall Institute France. Quatre d'entre eux ont été honorés lors de la cérémonie de remise de prix, le 10 décembre, à Paris (DV n°1780).

Nouveau cadre pour la vente en ligne de médicaments vétérinaires non soumis à prescription

Le 7 septembre est paru au Journal officiel un décret daté de la veille encadrant la vente en ligne de médicaments vétérinaires (DV n° 1764). Seuls sont concernés ceux non soumis à prescription, la vente en ligne des médicaments nécessitant une ordonnance restant interdite en France. La vente en ligne des APE dérogataires n'est pas concernée - pour le moment - par les règles d'encadrement fixées par ce décret. Ils sont donc vendus en dehors de tout cadre réglementaire.

Ce décret met les vétérinaires à égalité avec les pharmacies en leur offrant la possibilité de vendre ces médicaments non soumis à prescription à leurs clients en complément de leur activité de délivrance à la clinique.

Un arrêté publié le 4 décembre complète le dispositif en définissant des règles techniques et des conditions de délivrance communes aux pharmaciens et aux vétérinaires (DV n° 1778).

Accusations contre la direction de l'ENVA

Une plainte pour harcèlement et discrimination sexiste a été déposée à l'encontre de la direction de l'école vétérinaire d'Alfort (ENVA) (DV n° 1773). Le parquet de Créteil a alors ouvert une enquête préliminaire pour harcèlement moral et discrimination sexiste visant l'ENVA.

Cette plainte a été déposée par notre consoeur Valérie Freiche, praticienne hospitalière en gastro-entérologie. Elle affirme avoir subi pendant des années « brimades, propos humiliants et vexations », notamment de la part du directeur de l'école depuis 9 ans, notre confrère Christophe Degueurce.

Suite à cette affaire, 23 représentants des personnels de l'établissement ont rédigé une tribune en soutien au directeur de l'établissement (DV n° 1775).

Ce dernier a annoncé le 8 décembre sur YouTube qu'il quitterait la direction de l'ENVA dans les deux premiers mois de l'année 2026, un départ motivé par sa nomination mi-octobre au CGAAER8 en tant qu'inspecteur général (DV n° 1777).

La direction par intérim de l'établissement est assurée par Renaud Tissier, professeur de pharmacologie et toxicologie et directeur adjoint.

Des dossiers en souffrance du fait de l'instabilité politique

Du fait de l'instabilité politique initiée par la dissolution de juin 2024, plusieurs dossiers concernant la profession vétérinaire sont demeurés en souffrance en 2025, sans perspectives claires pour 2026. Il s'agit notamment de la télémédecine, du suivi sanitaire permanent, de la délégation, sous conditions, de certains actes au personnel auxiliaire et de la prise en charge de l'astreinte sanitaire. Afin de faciliter sa tâche administrative dans le cadre de la financiarisation de la profession, l'Ordre attend par ailleurs un texte rattachant le vétérinaire au conseil régional de l'Ordre de son lieu d'exercice principal plutôt qu'au siège de sa société.

Ces mutations voulues par les organisations professionnelles, touchant à l'exercice vétérinaire, sont nécessaires pour répondre aux évolutions sociétales, aux pratiques vétérinaires ou aux besoins des éleveurs et de l'Etat.

Révision du Code de déontologie en cours

Au vu des transformations profondes de l'exercice de la médecine et la chirurgie des animaux, portées par les innovations technologiques, l'évolution des modalités d'exercice en commun et les nouvelles attentes des propriétaires d'animaux, le Code de déontologie actuel, promulgué en mars 2015, nécessite une actualisation majeure. Ce sera théoriquement chose faite en 2027 avec la publication du décret correspondant.

Dans cette optique, le Conseil national de l'Ordre des vétérinaires a invité, fin juin, tous les vétérinaires qui le souhaitent à apporter leur contribution à ce futur nouveau Code par courriel.

La réflexion se poursuit par ailleurs avec la constitution de groupes de travail qui accueilleront notamment le SNVEL et la Fédération des syndicats vétérinaires de France.

1 SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

2 SNGTV : Société nationale des groupements techniques vétérinaires.

3 FSVF : Fédération des syndicats vétérinaires de France.

4 SNVECO : Syndicat national des vétérinaires conseil.

5 Omsa : Organisation mondiale de la santé animale.

6 Afvac : Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie.

7 Anses : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.

8 CGAAER : Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1783

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