Comment penser l'injonction du "lâcher prise !" ?
Il y une trentaine d'années, le management n'avait qu'un mot d'ordre à la bouche : « Il faut être motivé ! » Il fallait avoir des collaborateurs HYPER motivés qui voulaient « tout bouffer ». Il fallait que le manager le soit aussi ! Ce diktat à fait son chemin et au bout de quelques décennies, les responsables l'ont suffisamment intériorisé et se sont approprié cette fable managériale de l'hyper motivation. Mais alors, tout d'un coup, cela devient vital : « Il faut lâcher-prise ! »
Des injonctions contradictoires et aporétiques
Chaque tendance de management produit inévitablement son lot d'effets indésirables que la mode suivante cherche à corriger. On a tanné les chefs avec la performance, le management par objectif, le culte du prométhéisme, et on se rend compte que beaucoup craquent et sont en burn-out aujourd'hui. On s'adresse alors sans états d'âmes aux mêmes gourous pour savoir ce qu'ils préconisent comme remèdes pour soigner les individus rendus malades par leurs précédentes instructions. Alors le diagnostic tombe ; on dit de ces individus « Ils sont trop motivés ! », il faut qu'ils lâchent prise. Et effectivement, si cela a du sens pour beaucoup d'individus, c'est que cela correspond à une nécessité, parfois vitale. Et comme les modes de management ne s'annulent pas mais ont tendance à céder la place aux prochaines par compilation ou dilution on a parfois du : « Il faut être performant ! », « Il faut être exemplaire ! », « Il faut lâcher-prise ! »... Cette contradiction aporétique a de quoi rendre complètement schizophrène. Est-ce qu'une vision plus distanciée avec les modes de gouvernance, plus critique, ne serait-elle pas plus saine ?
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