Assurances de santé pour animaux de compagnie : promotrices de l'activité vétérinaire ?
L'assurance peut diminuer les contraintes financières pour laisser place à la gestion médicale des cas avec des propositions d'investigations poussées.
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Elsa BONNEFOND-CLUSEAU
Consultante manager Vetoccitan
Stéphane CLUSEAU
ENVT 06
Vétérinaire praticien, expert, consultant AnimAll

Exercice
L'assurance santé animale est un levier puissant pour les patients animaux, leurs familles-clients et l'activité vétérinaire. Avec le développement des connaissances des praticiens au travers de formations, mêlé à la cohésion d'équipe, avec un dialogue proactif respectant le cadre déontologique, le marché des assurances en santé animale a toutes les raisons de croître dans les années à venir.
Nous assistons depuis plusieurs années à une transformation profonde. En effet, les animaux de compagnie ne sont plus de simples compagnons mais des membres des familles à part entière1. Dans ce cadre, le propriétaire, devenu pet parent, souhaite éduquer, soigner et prodiguer le meilleur pour son animal. Cependant, ces changements dans la place de l'animal dans le foyer, couplés aux changements structurels des établissements de soins vétérinaires, s'accompagnent d'une hausse parfois spectaculaire des frais vétérinaires comme le met en évidence l'article de La Dépêche Vétérinaire n° 1771 « L'autorité de la concurrence pointe des tarifs des soins vétérinaires en hausse et des changements structurels préoccupants »2.
Lors d'un sondage réalisé par l'Ifop pour Boehringer Ingenheim en mars 2024 sur la thématique « La santé animale et l'image des vétérinaires auprès des Français », à la question « Au cours de votre vie, vous est-il déjà arrivé de renoncer à des soins vétérinaires en raison de... ? », les réponses sont dans 48 % des cas, de coûts élevés (de la consultation/des soins/des traitements), dans 20 %, de la difficulté d'obtenir un rendez-vous dans un délai suffisamment rapide et dans 18 %, de l'éloignement géographique3.
L'assurance santé animale devient alors l'un des outils clés qui pourrait lever ce frein, devenant un réel bénéfice pour les animaux, les propriétaires et les établissements de soins vétérinaires.
Prenons par exemple un chiot de 6 mois qui aurait ingéré un de ses jouets, nécessitant une chirurgie d'urgence à 2 500 euros TTC, ou bien le cas d'un chat accidenté avec fracture d'un membre nécessitant une chirurgie orthopédique, ou encore le cas d'un animal souffrant d'une maladie endocrinienne nécessitant des investigations avec de nombreux examens complémentaires. Sans assurance, le propriétaire, contraint par son budget, pourrait opter pour une solution alternative à ce qui lui serait proposé de mieux pour l'animal mais qui serait considéré comme trop cher pour ses finances et il pourrait choisir une prise en charge médicale pouvant être moins bonne, parfois simplement palliative, au détriment de l'animal.
Avec une assurance, les soins idéaux proposés par la clinique seraient vraisemblablement choisis, le suivi renforcé et la relation de confiance avec la clinique consolidée, le montant des frais vétérinaires n'étant alors plus une barrière plus ou moins rédhibitoire. En France, 61 % des foyers possèdent un animal (chien, chat, oiseau, poisson, rongeur ou autre tortue) et 55 % des Français ont un chien et/ou un chat. Avec 75 millions d'animaux de compagnie, la France est le pays qui en compte le plus en Europe4. Pourtant seulement 5 à 6 % sont assurés. Ce taux augmente chaque année, porté notamment par l'arrivée de nouveaux acteurs sur le marché comme Dalma, Kozoo, Lassie ou Filouzii, aux côtés de pionniers comme Santévet ou Bulle Bleue. Dans les établissements de soins vétérinaires, les bénéfices sont tangibles : selon une enquête auprès de 260 praticiens et ASV, 62 % des équipes constatent des visites préventives plus fréquentes chez les animaux assurés et 80 % notent une meilleure relation client5.
« Le changement est quasiment impossible à mettre en place efficacement sans la collaboration, la coopération et le consensus de tout un secteur », Simon Mainwaring.
Cet article synthétise l'assurance santé animale avec son histoire, ses mécanismes, ses avantages et souhaite principalement proposer des stratégies concrètes pour augmenter le taux d'animaux assurés dans les clientèles vétérinaires tout en respectant le cadre déontologique de la profession vétérinaire.
Pourquoi ne pourrions-nous pas transformer chaque consultation en opportunité de prévention, de soin et de fidélisation client pour le bien-être des animaux de compagnie ?
Connaître les bases de l'assurance en santé animale
L'histoire de l'assurance santé animale reflète l'évolution du statut des animaux, passés de biens meubles à êtres sensibles depuis 2015. Tout commence en Suède en 1924 avec le Länsförsäkringar, groupe suédois de compagnies d'assurances indépendantes, qui lance la première police d'assurance dans un contexte rural marqué par des épidémies et des accidents coûteux. Ce modèle mutualiste, soutenu par une culture de prévention et des incitations fiscales, couvre aujourd'hui 91 % des chiens et chats suédois. Le Royaume-Uni suit en 1976 avec Petplan, boosté par l'urbanisation et le développement des soins vétérinaires sophistiqués (développement des examens complémentaires et chirurgies complexes), atteignant 25 % de couverture.
Aux États-Unis, la première police apparaît en 1982, popularisée par la série télévisée Lassie et une industrie du petcare florissante mais plafonne aujourd'hui à 3,9 % en raison de primes élevées et également car les Américains ont une culture plus marquée du crédit et de l'emprunt court terme.
En France, les prémices datent des années 1990 avec des contrats généralistes mais l'essor démarre en 2003 avec Santévet, qui introduira notamment le tiers payant vétérinaire au début des années 2020. Pourquoi constatons-nous, dans notre pays champion européen du nombre d'animaux de compagnie, un tel retard en termes de taux de couverture d'animaux assurés ? Le système de Sécurité sociale humaine, généreux, aurait-il éclipsé la notion de coût de la santé (humaine et animale) ? Amenant alors à moins ou mal considérer la pertinence d'une assurance santé animale ou mutuelle animale ?
Souvenons-nous que jusqu'à la loi de 2015 reconnaissant les animaux comme des êtres sensibles, ils étaient juridiquement considérés comme des biens meubles, freinant probablement culturellement la sensibilisation.
Aujourd'hui, la France stagne autour de 5-6 % de couverture contre 20 % en Allemagne. Le marché croît de 8 % par an, porté par une fragmentation des assureurs (plus de 20 marques) et une prise de conscience croissante6.
Les différents types de contrats et leur terminologie
Comprendre les assurances en santé animale, c'est maîtriser leur jargon pour mieux guider nos clients.
Voici quelques éléments permettant de mieux découvrir ce milieu.
- Le marché de l'assurance santé animale est très fragmenté entre spécialistes historiques (Santévet, Bulle Bleue, Agria, Assur O'Poil...), assureurs généralistes ou filiales de grands groupes (Generali, Allianz, AXA, Crédit Mutuel, Carrefour Assurances...), néo-assureurs digitaux (Kozoo, Lassie, Dalma, Filouzii...) et courtiers spécialisés (ou multi-produits avec forte offre animaux) (Solly Azar, Fidanimo...).
- Les contrats se déclinent avec plusieurs typologies comme : « Accident » seul (couvrant des fractures, des traumatismes...) ou « Maladie » seulement (maladies infectieuses, métaboliques, endocriniennes, néoplasiques...) ou « Accident et maladie » (plus complet). Nous pouvons optionnellement y additionner un forfait « Prévention » : la médecine préventive (vaccins, antiparasitaires, stérilisation, détartrage...). Les contrats sont souvent simplifiés avec ces trois formules : formule complète dans plus de 30 % des cas, avec une formule confort dans plus de 50 % des cas, et la formule standard dans plus de 10 % des cas6.
- Les termes clés :
Délai de carence : période sans couverture post-souscription (souvent de zéro à 30 jours pour les accidents, souvent de 30 à une centaine de jours lors de maladies, voire parfois plus pour certaines affections spécifiques (ligaments croisés, luxation de rotule, dysplasies...).
Franchise : c'est le reste à charge pour le propriétaire (souvent de 50 à 200 euros par an ou par sinistre).
Taux de remboursement : souvent de 50 à 100 % des frais éligibles.
Antériorité/préexistence : affection antérieure à la souscription, exclue des garanties, qu'elle soit déjà connue ou diagnostiquée ou si ses symptômes étaient déjà présents chez l'animal avant la souscription au contrat (cela peut représenter parfois 30 % des litiges). Il est important de comprendre que l'assurance santé animale couvre un risque, à savoir la survenue d'un problème de santé, donc une probabilité, et pas une certitude (comme une affection préexistante).
Exclusions : certaines affections (héréditaires, congénitales, spécifiques...), parfois certaines races à risque ou au-delà d'un certain âge de l'animal (parfois dès 8-10 ans).
Plafond annuel : c'est la limite de remboursement (souvent entre 1 000 et 3 000 euros) qui varie notamment en fonction du montant de la prime d'assurance.
Les contrats fonctionnent par remboursement (souvent avec une feuille de soins liée à une facture), avec un tiers payant pour certains (comme Payvet de Santévet). Les moyennes des primes d'assurance sont le plus souvent comprises entre 20 et 40 euros par mois pour les chiens et 10 à 25 euros par mois pour les chats7.
Dynamique des assurances en France, en Europe et dans le monde
Le marché mondial de l'assurance santé animale s'élève à environ 16 milliards de dollars en 2025 (avec une croissance d'environ 12 % par an), dopé par l'urbanisation des moeurs, une meilleure médicalisation (quantitative et qualitative) et une meilleure espérance de vie des chiens et des chats. Les leaders sont et restent la Suède (couverture de 91 %, portée par la culture mutualiste) puis le Royaume-Uni (25 %, développée par les innovations médicales et l'augmentation des tarifs vétérinaires), l'Allemagne (20 %, liée à une forte population animale : 26,4 millions). Aux Etats-Unis, le taux reste bas (3,9 %) pour les raisons déjà évoquées plus haut.
En Europe, le marché avoisine 5 milliards d'euros (avec une croissance d'environ 10 % par an), dominé par les chiens (80 % des contrats). La France n'arrive qu'en 13e position sur les 22 pays européens analysés et couvre environ 1,3 million d'animaux (soit 5 %), avec 1 307 euros par an de dépenses moyennes par chien6. Depuis 30 ans, le marché a bondi de 60 %, avec en 1990 un taux de couverture quasi nul puis en 2003 l'arrivée de Santévet qui amène plus de 600 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2024.
Aujourd'hui, les projections envisagées pour le marché français seraient de presque 5 milliards d'euros (presque 10 % de croissance par an) d'ici 2033, avec un taux de couverture à 20 % d'animaux assurés en 10 ans si la sensibilisation s'accélère7.
La thèse vétérinaire de Morgane Sammut (2024) souligne néanmoins un frein majeur : 70 % des praticiens interrogés jugent les contrats complexes et 55 % déclarent manquer de formation5.
Bénéfices de l'assurance santé animale dans l'activité vétérinaire
Bénéfices pour le patient animal et son propriétaire
- Une augmentation de la fréquentation en clinique
Un chien ou chat assuré bénéficie plus facilement d'un suivi renforcé. En effet, les chiens assurés consultent 4,2 fois par an le vétérinaire, contre 2,4 fois par an pour les chiens non assurés. Les chats assurés consultent 2,5 fois par an le vétérinaire quand les chats non assurés y viennent 1,8 fois par an5. Il est logique qu'une fréquentation accrue en clinique sera bénéfique en termes de suivi médical, prévention, dépistage et meilleure gestion sanitaire de l'animal.
- Une augmentation de l'espérance de vie et notamment en qualité de vie du patient
Parmi les bénéfices d'une meilleure fréquentation en clinique, la notion de prévention est évidente. Des consultations supplémentaires pourront favoriser un dépistage précoce (quel que soit le type d'affections, notamment celles liées à l'âge (cardiaques, rénales, endocriniennes...)). De plus, l'accès à des traitements pointus (chirurgies complexes, chimiothérapie anticancéreuse ou rééducation fonctionnelle - physiothérapie) améliorera la qualité de vie des patients et leur espérance de vie en bonne santé, de même que le développement de la prévention accrue (vaccins, antiparasitaires...) réduira les risques épizootiques infectieux et parasitaires pour les animaux, voire pour les humains (en cas de pathogènes zoonotiques). Il est démontré que 68 % des vétérinaires constatent réaliser des diagnostics plus précoces chez leurs patients assurés, améliorant ainsi la santé et la qualité de vie animale. L'espérance de vie d'un animal en bonne santé s'allongerait d'un à deux ans pour les animaux assurés5.
- Un développement positif du comportement chez le patient
Ces consultations régulières et plus fréquentes permettraient de mieux familiariser l'animal à l'environnement de la clinique, mieux l'y habituer et ainsi, notamment si couplées avec du medical training, générer moins de stress pour nos patients donc pour leurs propriétaires, nos clients.
- Une diminution du stress financier pour le client
Le stress financier pèse lourd pour nos clients. 25 % des propriétaires paniquent pour une facture supérieure à 250 euros, 51 % au-delà de 1 000 euros. L'assurance (qui rembourserait de 80 à 100 % des frais) les libère de ce fardeau, permettant de prioriser le médical et par conséquent moins entraîner de non choix ou de choix par défaut par contrainte budgétaire, et moins de culpabilité pour le client.
Dans sa thèse de 2024, Morgane Sammut révèle que 75 % des praticiens observent une réduction du stress pour leurs clients assurés, boostant l'adhésion aux protocoles et l'observance (examens complémentaires, suivis, traitements longs...). Les autres bénéfices observés sont plus de sérénité face aux imprévus (accidents), une fidélisation accrue avec un suivi plus régulier et une charge mentale allégée pour le propriétaire qui est alors mieux à l'écoute des propositions médicales pour son animal, étant moins embêté par la question financière des soins5.
Bénéfices observés pour les équipes vétérinaires
- Satisfaction du praticien de pouvoir prodiguer les meilleurs soins
L'assurance pourrait libérer certains aspects de notre pratique en diminuant les contraintes financières pour laisser place à la gestion médicale des cas avec des propositions d'investigations poussées (examens complémentaires sanguins, imageries...), en améliorant encore plus la qualité des soins de l'animal et la satisfaction du praticien. Résultat : moins de frustration et de culpabilité du praticien face aux refus de soins du propriétaire pour raisons budgétaires.
- Moins de tensions liées aux coûts et relation clients renforcée
Les relations clients s'apaisent : 80 % des équipes notent de meilleures écoute et adhésion, avec 68 % signalant moins de tensions liées aux coûts5.
- Développement du chiffre d'affaires
Le fait que la fréquentation en clinique augmente chez les animaux assurés, ainsi que l'adhésion aux examens et traitements proposés, amène à une augmentation des actes en volume, nature et tarifs. Le chiffre d'affaires de la clinique augmente (de plus de 17 % dans les cliniques à forte couverture assurantielle) sans surmédicalisation injustifiée.
Les bénéfices sont donc mutuels et complémentaires pour le trio animal-propriétaire-vétérinaire, c'est un cercle vertueux pour tous.
« Chaque difficulté rencontrée doit être l'occasion d'un nouveau progrès », Pierre de Coubertin.
Développer le taux d'animaux assurés dans sa clientèle
Afin de voir s'accroître le taux de couverture des animaux au sein d'un établissement de soins vétérinaires, nous avons identifié quatre axes.
1. Développer les connaissances des équipes vétérinaires en assurance santé animale
Pour pouvoir partager efficacement les intérêts de l'assurance avec le client, il est nécessaire de se former. Il est observé que 70 % des vétérinaires sous-estiment les bénéfices de l'assurance par manque de familiarité5. Nous pourrions participer à des formations ou webinaires venant des assurances ou lire certaines thèses vétérinaires comme celles de Morgane Sammut (Perception de l'assurance santé pour les animaux de compagnie dans la profession vétérinaire en France5) ou d'Annabel Kowalski (2021, Étude préliminaire de la faisabilité de la mise en place d'une souscription obligatoire à une assurance santé animale pour les propriétaires de carnivores domestiques9). Il existe d'autres exemples d'outils qui permettraient l'intégration de connaissances, comme la réalisation d'un quiz mensuel en équipe pour ancrer ses connaissances ou d'un tableur reprenant des éléments factuels des présentations des diverses assurances.
Nous pourrions organiser des ateliers formation pour expliquer les différents termes (carence, franchise...), partager des cas concrets puis écouter et répondre aux doutes des membres de l'équipe (comme les antériorités, les exclusions...), inviter un courtier neutre et indépendant pour une soirée questions/échanges. Une équipe unie et formée est essentielle. Il est montré que 55 % des ASV citent un manque de formation comme étant un frein pour parler d'assurance santé animale5.
2. Adapter notre langage avec les clients
Adopter un langage clair : « L'assurance, c'est plus qu'une épargne sécurisée contre l'imprévu ».
Parfois nos clients nous disent mettre chaque mois un peu d'argent de côté en cas de coup dur pour leur animal et que ce sera pareil qu'avoir souscrit une assurance. Pourtant ce n'est pas la même chose et cela n'aura pas les mêmes conséquences en cas de coup dur. N'hésitez pas à leur rappeler que, par exemple, si l'on compare une épargne de 20 euros par mois qui correspond à 240 euros par an, cela n'est pas équivalent quand une assurance rembourse en moyenne 1 500 euros en urgence. Où est l'intérêt d'avoir épargné ? Vous pouvez citer des cas observés dans votre clientèle et partager vos retours d'expériences, notamment sur les frais classiques de certains examens (scanner, endoscopie...) ou chirurgies (orthopédiques, digestives...) afin de démontrer l'intérêt d'avoir son animal assuré, ou orienter vers des comparateurs neutres. Il est observé que 62 % des praticiens utilisant des exemples concrets augmentent les discussions autour de l'assurance5. Une autre idée serait d'utiliser des affiches en salle d'attente avec comme axe de communication « Pourquoi assurer votre animal ? ».
3. Systématiser le sujet à tout moment à la clinique : mais pas trop tard
Pourquoi ne pas intégrer la question de l'assurance systématiquement ? À l'adoption, lors des discussions de coûts ou sur les risques de santé afin de réduire ces stress. À la création ou lors de la mise à jour de la fiche client, en demandant « votre animal est-il assuré ? » afin de le noter dans sa fiche client, comme l'on demanderait s'il est vacciné, castré ou à jour des antiparasitaires. En parler et questionner peut ouvrir ledialogue et démocratise le concept de l'assurance santé animale. Ou encore distribuer un document neutre sur le sujet : « Un animal sur trois fait face à une urgence par an : pensez à le protéger et à prévenir ses coûts ! Assurez-le ! ».
Attention ! Le moment pour contracter une assurance est parfois critique : comme avec une affection préexistante (diagnostiquée avant souscription) qui entraîne une exclusion. Il sera parfois bon de faire de la pédagogie avec le client en expliquant que l'assurance couvre les risques (la probabilité de survenue d'affections), pas les certitudes (affections préexistantes exclues des remboursements). Ayez en tête les notions sur les carences et les exclusions car il est indiqué que 45 % des litiges entre assurances et propriétaires d'animaux viendraient d'un mauvais timing et d'une affection considérée antérieure à la souscription ou survenant pendant les délais de carence5. Comme idée complémentaire, il y a l'envoi de courriel post-consultation préventive pour sensibiliser les propriétaires à s'assurer dès à présent afin de maximiser la couverture assurantielle de l'animal. Plus l'animal est assuré jeune dans sa vie, mieux ce sera au niveau des garanties. Plus il est assuré tard dans sa vie, plus le risque qu'il y ait des exclusions pour antériorité/préexistence augmente.
4. Respecter les règles de déontologie
Il est rapporté que 35 % des ASV craignent des dérapages déontologiques en parlant d'assurances avec les clients5. En effet, il est écrit dans le Code de déontologie vétérinaire (art. R.242-62) que « toute intermédiation d'assurance est interdite aux vétérinaires exerçant la médecine et la chirurgie des animaux ». Il est ainsi interdit pour les vétérinaires et ASV de la structure l'intermédiation, la publicité pour une compagnie unique ou les commissions venant d'assurance10. Nous pouvons néanmoins informer de façon neutre et indépendante, parler de l'intérêt de souscrire à l'assurance santé animale de façon générale, partager des expériences ou distribuer des supports généraux de communication. Une idée pourrait être de former l'équipe à utiliser un script neutre, en explorant les assurances sur des comparateurs en ligne comme Mon assurance animale (www.monassuranceanimale.fr/).
« Rien n'est permanent, sauf le changement. Il est la seule constante dans la vie », Héraclite.
Une proposition audacieuse est explorée dans la thèse d'Annabel Kowalski9, à savoir rendre l'assurance santé animale obligatoire pour les carnivores domestiques, comme pour l'assurance responsabilité civile des chiens de catégorie. Les avantages pourraient être multiples, comme la démocratisation de certains soins ou la réduction des abandons pour des raisons de coûts de santé jugés trop élevés par certains propriétaires. En effet, il semblerait qu'un tiers de ceux-ci seraient liés aux coûts vétérinaires11. Même si les freins à la souscription à une assurance peuvent être le coût mensuel pour les propriétaires modestes, la bonne compréhension de l'intérêt de l'assurance, les complexités administratives ou la méconnaissance du coût de la santé vétérinaire, tout nous laisse penser qu'une meilleure couverture assurantielle permettrait de donner un avenir serein aux animaux. La proposition serait de sensibiliser nos clients à cette idée comme perspective, en restant neutre.
L'assurance santé animale reste un levier puissant : pour nos patients animaux, leurs familles nos clients et nos cliniques. Nous sommes persuadés qu'avec un développement de nos connaissances au travers de formations, mêlé à la cohésion d'équipe comprenant l'intérêt et l'impact de ce développement, avec un dialogue proactif respectant le cadre déontologique, le marché des assurances en santé animale a toutes les raisons de croître dans les années à venir. ■
Sources-bibliographie
3 Sondage Ifop La santé animale et l'image des vétérinaire auprès des Français, pour Boehringer Ingelheim, mars 2024 (www.ifop.com/wp-content/uploads/2024/04/120646-resultats.pdf)
4 www.facco.fr/wp-content/uploads/2024/05/RAPPORT-ACTIVITE-FACCO-2024.pdf
5 Thèse vétérinaire DV Morgane Sammut, 2024 (Campus vétérinaire de Lyon 1) Perception de l'assurance santé pour les animaux de compagnie dans la profession vétérinaire en France.
6 https://hellosafe.fr/assurance-animaux/marche
7 Thèse vétérinaire DV Elena Besse, 2017 (ENVT), Les assurances santé pour les chiens et chats - comparaison France - Australie » (https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04541817/file/Besse_25311.pdf)
8 www.mordorintelligence.com/fr/industry-reports/pet-insurance-market






