Prurit et douleur projetés sur l'animal âgé : des causes multiples

Trois maladies engendrent une douleur projetée et du prurit : la maladie d'Aujeszky, le syndrome de mutilation des extrémités et la syringohydromyélie du cavalier king Charles.

© Kisscsanad-AdobeStock

Aurore HAMELIN

Dermatologie

Notre confère spécialiste en dermatologie Pierre-Antoine Germain a abordé les causes nerveuses du prurit aux Journées annuelles du Gedac*, à Strasbourg, en mai, sur la dermatologie du chien et du chat âgés. Si les symptômes sont facilement décrits par les humains, ce n'est évidemment pas possible pour les chiens et les chats.

Le prurit associé à des douleurs projetées a des causes multiples. La conférence s'intéresse surtout aux origines nerveuses du signe clinique : traumatisme du bassin, de la queue, arthrose, hernie discale, chirurgie d'amputation, cancer et chimiothérapie...

« Les humains peuvent décrire aisément leur sensation de picotements ou de fourmillements au médecin, cela est plus compliqué pour les carnivores domestiques. Ceci explique peut-être qu'il n'existe pas d'informations statistiques sur ces affections dans le monde vétérinaire », précise le conférencier. « Nous connaissons cependant au moins trois maladies qui engendrent sûrement une douleur projetée et du prurit : la maladie d'Aujeszky, le syndrome de mutilation des extrémités (lié à une mutation génétique) et la syringohydromyélie du cavalier king Charles ». Pour cette dernière affection, le cervelet étant anormalement engagé sous l'occiput, le chien ressent une vive douleur qui provoque des accès de prurit frénétique souvent déclenché par un contact physique léger des vertèbres cervicales. Les examens d'imagerie, surtout l'IRM, focalisé sur la zone C3-C6, confirme le diagnostic de syringohydromyélie.

Quatre règles à retenir

Le syndrome d'hyperesthésie féline est beaucoup plus complexe à appréhender. Les causes sont variées et souvent l'origine cutanée ou comportementale est mise en avant. « Mais il ne faut pas exclure une cause nerveuse telle l'épilepsie car certains animaux répondent à des thérapies anti-épileptiques », signale Pierre-Antoine Germain.

Les traitements de ces diverses affections dépendent de la cause et font appel à des molécules de familles différentes. L'intervenant rappelle que la prescription de la prégabaline, précurseur de la gabapentine, nécessite la rédaction d'une ordonnance sécurisée.

Les quatre règles à retenir pour gérer au mieux ces cas complexes sont de toujours vérifier que l'historique du patient est compatible avec l'hypothèse diagnostique, bien mettre en évidence les symptômes, réaliser des tests diagnostiques et proposer des essais thérapeutiques en suivant l'amélioration clinique ou non de l'animal.

Chaque fois que cela est possible, dermatologues et neurologues doivent coopérer en équipe sur de tels cas. « Des applications numériques sont en développement pour détecter les signes minimes de douleur sur la face des chats », conclut Pierre-Antoine Germain.

* Gedac : Groupe d'étude en dermatologie des animaux de compagnie de l'Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1784

« Toute reproduction, diffusion, traduction ou exploitation totale ou partielle de nos contenus de quelque nature que ce soit, accessibles gratuitement ou non, sans l’autorisation écrite et préalable de La Dépêche Vétérinaire, est strictement interdite (articles L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle) »
Envoyer à un ami

Mot de passe oublié

Reçevoir ses identifiants