Prévention antiparasitaire chez les animaux de compagnie : une étude confirme les bénéfices médicaux et économiques
Au-delà du bien-être animal individuel, l'administration régulière de traitements antiparasitaires a un impact direct sur la santé publique, le secteur vétérinaire et le lien Homme-animal.
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Alice LAURENS
Etude
Une étude a évalué quantitativement les bénéfices économiques et médicaux de la prévention des infestations parasitaires chez les chiens et les chats. Ses résultats conforte l'approche de prévention adoptée par les vétérinaires.
L'administration régulière d'un traitement antiparasitaire préventif fait partie des protocoles établis pour lutter contre les parasitoses des animaux de compagnie et leurs effets délétères et diminuer les risques de zoonoses chez l'Homme. Cette approche ancrée dans l'exercice vétérinaire fait débat au sein de la profession notamment en raison de l'impact environnemental de certains traitements antiparasitaires, d'effets non désirés sur des espèces non cibles et du développement de résistances.
Le praticien doit prendre une décision informée selon un rapport bénéfice/risques pour chaque situation mais il n'existe pas de données robustes en médecine vétérinaire permettant de quantifier les bénéfices apportés par l'administration régulière de traitements antiparasitaires.
Une étude* a évalué quantitativement les bénéfices économiques et médicaux de la prévention des infestations parasitaires chez les chiens et les chats.
Son objectif était d'évaluer l'impact potentiel des stratégies actuelles et optimales de contrôle des parasites chez les animaux de compagnie en développant un modèle quantitatif se concentrant sur les bénéfices sur la santé des animaux (parasitoses évitées) et les coûts associés (coûts des soins vétérinaires en cas de parasitoses). Le modèle a été appliqué au Royaume-Uni, où l'on dispose de données suffisantes sur la prévalence des parasites et l'utilisation des antiparasitaires.
L'étude se concentre sur quatre groupes de parasites (Toxocara canis, Toxocara cati, Angiostrongylus vasorum, puces, tiques) selon deux scénarios. Le premier scénario correspond à la situation actuelle en termes de couverture antiparasitaire des chiens et des chats au Royaume-Uni, le second en est une extrapolation idéale où tous les propriétaires administrent régulièrement un traitement antiparasitaire tout au long de l'année. L'étude évalue pour chaque groupe et chaque scénario les risques de santé associés chez les animaux protégés et les animaux non protégés et fournit des estimations de prévalence préliminaires ainsi qu'une estimation des coûts vétérinaires associés les plus probables.
5,5 millions d'infestations parasitaires évitées chaque année
Les résultats suggèrent que les mesures actuelles de contrôle ciblant Toxocara canis, Toxocara cati, Angiostrongylus vasorum, les puces et les tiques permettent d'éviter approximativement 5,5 millions d'infestations parasitaires chaque année chez les chiens et les chats britanniques.
Dans un scénario d'observance optimale des traitements antiparasitaires tout au long de l'année, près de 70,6 % des infestations parasitaires (9,3 millions de cas) pourraient être évitées chaque année. L'étude estime que les mesures de prévention actuelles feraient économiser près de 53 millions de livres (environ 60,8 millions d'euros) par an en frais vétérinaires, avec des économies potentielles pouvant monter jusqu'à 95,2 millions de livres (près de 109 millions d'euros) dans un scénario de couverture optimale permettant également une réduction de la prévalence des parasites.
L'étude apporte ainsi une preuve quantitative des bénéfices économiques et médicaux substantiels de l'administration régulière de traitements antiparasitaires chez les animaux de compagnie. Si ces résultats apparaissent significatifs, il convient toutefois de noter qu'ils reposent sur une modélisation théorique intégrant des hypothèses simplifiées. Cette étude pourrait constituer un point de départ utile pour l'élaboration d'autres modèles prédictifs plus précis avec des protocoles plus affinés, des hypothèses de travail plus élaborées et des données plus précises d'un point de vue épidémiologique, géographique et saisonnier.
Au-delà du bien-être animal individuel, l'administration régulière de traitements antiparasitaires a un impact direct sur la santé publique, le secteur vétérinaire et le lien Homme-animal. Une approche One Health est essentielle pour développer des stratégies de prévention et de contrôle des infestations parasitaires chez les animaux de compagnie durables et fondées sur des preuves scientifiques, en fonction de chaque situation. ■






