Le professeur André Cazieux n'est plus
Le CES de chirurgie orthopédique est né à l'école vétérinaire de Toulouse avec une équipe que le Pr André Cazieux avait constituée.
© D.R.
Pierre DESNOYERS
Ancien praticien
Ancien directeur de l'école vétérinaire de Toulouse
Hommage
Pour les vétérinaires de ma génération, évoquer le professeur André Cazieux, c'est faire revivre la Vieille école, cet établissement du quartier Matabiau au coeur de Toulouse, qu'André Cazieux a, je crois, beaucoup aimé. À cette époque, dans le service de chirurgie, il y avait une équipe qui nous a enseigné les règles fondamentales de la chirurgie. André Cazieux et son maître le professeur Edouard Puget nous ont appris la rigueur du geste chirurgical et la nécessité d'un certain courage face aux difficultés rencontrées au regard des moyens dont nous disposions.
Puget et Cazieux : nous avons eu la chance d'avoir de tels professeurs, ils nous ont appris ce que serait la vie de véto avec ses grandeurs et ses difficultés. Cette volonté d'être proche des élèves : le souci de l'humain a toujours été présent chez André Cazieux. La solitude du jeune chirurgien est souvent évoquée. Avec André Cazieux, nous ne risquions pas cet isolement. Il était toujours là pour nous accompagner dans nos gestes de débutants ; et il était encore là pour prolonger cet accompagnement bien après notre départ de la Ville rose. Je ne suis pas le seul à avoir très souvent contacté André pour lui demander un conseil ou pour échanger sur une procédure, pour préparer une conférence.
Au moment du déménagement de l'école au chemin des Capelles, André Cazieux a su nous accompagner dans la modernité de ce nouvel établissement. Les choses devenaient différentes, les procédures plus précises, le verbe plus appuyé, sans jamais humilier, toujours pour enseigner.
Cette nouvelle école offrait des possibilités qui n'existaient pas à Matabiau. C'est ainsi que les premiers CES vétérinaires sont nés à Toulouse, en ophtalmologie avec le professeur Lescure et en chirurgie orthopédique avec une équipe qu'André Cazieux avait su constituer. C'est cette équipe qui a donné les chefs de service en chirurgie de trois écoles vétérinaires. C'est ainsi qu'André Cazieux a transmis à Alfort et à Lyon un peu de cet esprit de la chirurgie vétérinaire toulousaine.
Plus tard, lorsque j'ai postulé à la direction de l'école, André Cazieux m'a encouragé, m'a conseillé. Plus tard encore, lorsqu'il a fallu remettre sur pied l'association des anciens élèves, André a été une nouvelle fois présent.
Merci André pour ton souci de la dimension humaine, merci pour tout ce que tu as fait pour la profession vétérinaire.
A Andrée son épouse, à Hélène sa fille, à toute sa famille, j'adresse mes plus sincères condoléances. ■





