L'herbe est-elle plus verte ailleurs ?
Fabrice CASTANET
(24230 Saint-Antoine-de-Breuilh)
Tribune libre
En baguenaudant sur le net, je suis surpris de constater le nombre croissant de jeunes comme moins jeunes consoeurs et confrères tentés par l'OQTF : obligation de quitter le territoire français. Comme beaucoup, ils sont tenaillés par l'envie impérieuse de fuir le pays, lassés qu'ils sont par la pression fiscale, l'empilement de taxes et de règlements abscons.
Seulement voilà, est-ce vraiment bien mieux ailleurs ? Le Canada, mouais, faut-il encore faire valider son diplôme en passant une équivalence (pas simple) et puis il fait froid (comment ça, c'est cliché ?). L'Italie ? Pour le climat, rien à dire, mais les vétos n'y vivraient pas si bien que ça, mamma mia ! Le Japon, c'est un autre monde, la Nouvelle-Zélande ? C'est loin ! La Grande-Bretagne, y a le Brexit (je prends bien garde de ne pas évoquer la nourriture, il ne faudrait pas sombrer dans les clichés). Les Pays-Bas, ça a l'air sympa, mais le pays est tout petit : ils n'arrivent pas à loger tout le monde ! La Suisse, on y parle français mais la vie y est très chère, quant aux logements, ce n'est pas le manque qui pose un problème mais plutôt le coût.
Nous voilà bien marris à l'image du chat Rémi appartenant à cette dame condamnée en janvier dernier par la justice car lui aussi voulait aller voir ailleurs si l'herbe était plus verte ! En l'occurrence, celle de la maison du voisin qui, hélas pour Rémi et le pouvoir d'a-chat de sa maîtresse, a tout filmé : Rémi, ni sans famille, ni sans maison, pourtant, y aurait commis de vilains dégâts* et se retrouve du coup en OQTF : obligation de quitter le territoire félin, comprendre interdit de franchir la clôture qui sépare les deux habitations, sous peine d'amende ! Confiné, le vilain matou !
Un peu comme nous : assignés à résidence mais dans notre cas, c'est faute de pouvoir partir. C'est trop coûteux, trop loin, pas assez français, il fait trop chaud, trop froid, c'est pollué, je suis trop vieux, je ne parle pas la langue. En cela, nous ne sommes pas différents d'une partie des contribuables français : obligés de payer si on reste (taxe ou amende, dites-moi un peu la différence dans la perception que l'on s'en fait) car en incapacité d'appliquer l'OQTF parce qu'ailleurs, finalement, l'herbe n'est pas si verte. ■
* Aujourd'hui en France, 31 octobre 2025.






