L'Académie vétérinaire de France appelle à la gestion rationnelle des dommages et nuisances causés par la faune sauvage
Pour l'Académie vétérinaire de France, l'espèce ne constitue pas une unité de gestion pertinente.
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Biodiversité
Dans son rapport sur la gestion rationnelle des dommages et nuisances liés à la faune sauvage, adopté le 16 novembre, l'Académie vétérinaire de France appelle les collectivités, services de l'État, acteurs agricoles, gestionnaires d'espaces, détenteurs de droits de chasse ou de pêche et les vétérinaires à adopter une approche intégrée et durable de la coexistence entre humains et faune sauvage. Cette évolution est indispensable pour concilier activités humaines, sécurité, et impératif de préservation de la biodiversité.
L'Académie vétérinaire de France (AVF) a rendu un rapport et un avis sur la gestion des dommages et nuisances liés à la faune sauvage, adoptés le 16 novembre en assemblée générale ordinaire. « La France connaît un effondrement préoccupant de la biodiversité dans un contexte de réchauffement climatique, d'urbanisation grandissante et d'évolution des sensibilités sociales à l'égard du bien-être animal. Les interactions entre activités humaines et animaux se multiplient et soulèvent des enjeux complexes », a expliqué l'AVF, le 18 novembre. « Certaines populations animales ou certains individus peuvent causer des dommages agricoles, forestiers, aquacoles ou sanitaires quel que soit leur statut réglementaire (Esod*, espèces protégées, espèces chassables, nuisibles...) tandis que certaines espèces en déclin nécessitent une protection accrue ».
L'AVF rappelle que les organismes actuels, issus de plus de 3 milliards d'années d'évolution du vivant, ont montré leur capacité à se maintenir et contribuer au fonctionnement des écosystèmes dont ils font partie. Chaque population, sur des échelles de temps et d'espace multiples, est issue d'une coévolution avec les autres composantes de socio-écosystèmes régionaux, qui évoluent. « Les dommages et nuisances dépendent de chaque contexte socio-écologique et sont toujours imputables à des individus, une population ou/et une pratique, jamais à une espèce dans sa totalité. L'espèce ne constitue donc pas une unité de gestion pertinente », souligne l'AVF.
Fonder les décisions sur les connaissances scientifiques
Les phénomènes causant des dommages et nuisances (dynamique de populations, pratiques...) se manifestent à de multiples échelles spatiales et temporelles interdépendantes, souvent sur le long terme. L'effondrement de la biodiversité oblige à mener des actions qui la favorisent et ne conduisent pas à sa décroissance. Le coût des dommages et des actions pour les empêcher ou les limiter et les bénéfices apportés par la population animale dans le socio-écosystème considéré doit être estimé.
L'AVF explique qu'il faut fonder les décisions prises pour les empêcher ou les limiter sur les connaissances scientifiques les plus récentes obtenues aux échelles spatiales et temporelles appropriées.
« Les actions entreprises ne doivent pas conduire à l'extinction de la population sauf pour le cas particulier des espèces exotiques envahissantes où les actions d'élimination les plus rapides peuvent être prises », ajoute l'AVF, qui recommande notamment :
- une caractérisation objective et comparative des bénéfices écosystémiques et des dommages causés par chaque population concernée ;
Préférer les méthodes de prévention non létales
- des décisions fondées sur la preuve scientifique à l'aide de structures de concertation réunissant l'ensemble des acteurs du territoire ;
- dans une démarche éthique, que la préférence soit donnée, chaque fois que cela est possible, aux mesures de prévention non létales ;
- une évaluation systématique des effets des actions engagées afin d'ajuster les pratiques dans un processus itératif.
L'AVF appelle les collectivités, services de l'État, acteurs agricoles, gestionnaires d'espaces, détenteurs de droits de chasse ou de pêche ainsi que les vétérinaires à adopter une approche intégrée et durable de la coexistence entre humains et faune sauvage : « Cette évolution est indispensable pour concilier activités humaines, sécurité, et impératif de préservation de la biodiversité ». V.D.
Encore plus d'infos !
Rapport de l'Académie vétérinaire de France accessible ici.
* Esod : espèces susceptibles d'occasionner des dégâts.
Gros Plan : Vétérinaires pour la biodiversité salue le travail académique
Le rapport de l'Académie vétérinaire de France (AVF) Vivre avec la faune sauvage appelle à une gestion rénovée et rationnelle des dommages et nuisances liés aux animaux sauvages. L'AVF espère qu'il servira de ressource utile notamment dans les échanges sur la classification des espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (Esod). « Il est appelé à devenir un marqueur de l'histoire des Esod, au cours de laquelle les arguments scientifiques ont plus souvent été pris en compte dans les tribunaux que dans les préfectures et ministères », a expliqué notre confrère Alain Moussu, président de Vétérinaires pour la biodiversité (VPB), le 25 novembre.
Les Esod font partie de nos écosystèmes
Il ajoute qu'il existe aussi un savoir intuitif issu de l'expérience et du bon sens, qui a guidé les actions humaines pendant des dizaines de milliers d'années : « ce savoir a une vraie valeur et il serait absurde de ne pas l'entendre ».
« Nous saluons le travail académique sur les Esod », explique Alain Moussu. « La profession vétérinaire est connue pour sa rigueur scientifique et son objectivité. C'est une profession réglementée, toujours engagée aux côtés des services de l'Etat lors des crises sanitaires. VPB espère que ces services de l'Etat sauront prendre en compte les conclusions du rapport Vivre avec la faune sauvage au moment où doivent être pris des arrêtés préfectoraux décidant pour trois ans du sort des espèces classées Esod. Les neuf espèces indigènes du groupe 2 n'ont rien de nuisible au sens où elles devraient être détruites de façon systématique. Elles font partie de nos écosystèmes et contribuent à leur bonne santé. Certains individus de ces espèces provoquent des dégâts mais rien ne justifie la destruction annuelle de plus de deux millions de ces animaux alors que les mesures alternatives non létales ne sont le plus souvent pas envisagées et que l'efficacité des destructions n'est jamais démontrée ». V.D.






