Influenza aviaire : premier foyer en élevage, la France perd son statut « indemne »

La suspicion d'infection dans l'élevage du Nord fait suite à un constat de mortalités anormales parmi les volailles de l'exploitation.

© Thierry Ryo - Adobe

Épidémiologie

Avec la détection pour la première fois depuis l'hiver dernier d'un foyer d'influenza aviaire hautement pathogène en élevage, la France perd son statut indemne vis-à-vis de la maladie qu'elle avait recouvré le 2 septembre.

Pour la première fois depuis l'hiver dernier, un élevage est touché par l'influenza aviaire hautement pathogène en France alors que des virus circulent activement en Europe par l'intermédiaire des oiseaux migrateurs, a informé, le 27 novembre, le ministère de l'Agriculture. Il s'agit d'un élevage de poules pondeuses situé dans la commune de Warhem, dans le département du Nord. Le virus est de type H5N1.

Avec ce cas dans un élevage, la France perd à nouveau son statut « indemne » d'influenza aviaire, qu'elle venait de retrouver le 2 septembre.

Conséquences limitées

Cela devrait avoir « des conséquences sur certains marchés à l'export » de volailles, selon le cabinet du ministère. « Des démarches ont été initiées via les ambassades pour rassurer les principaux pays importateurs sur le caractère sporadique à ce stade de cet événement et la mise en oeuvre des mesures de gestion habituelles telles que prévues par la réglementation de l'Union européenne. »

Pour le moment, les conséquences « ne devraient pas aller au-delà-de ce qui avait été noté l'an dernier », ajoute le cabinet. « Nous avons l'assurance qu'un certain nombre de pays continueront à accepter l'introduction des productions françaises à partir des autres départements, grâce à ce qu'on appelle la reconnaissance du zonage. »

La suspicion d'infection dans l'élevage du Nord fait suite à un constat de mortalités anormales parmi les volailles de l'exploitation. Des investigations sont en cours pour identifier l'origine de la contamination.

Conformément aux règles de gestion sanitaire, des mesures de surveillance et de lutte ont immédiatement été prises : le foyer devait être dépeuplé et désinfecté sans délai ; une zone de protection (3 km autour du foyer) et une zone de surveillance (10 km) ont été instaurées par le préfet.

Trois cas en basses-cours

Afin de maîtriser le risque de diffusion du virus, les mouvements de volailles sont interdits dans ces zones où des mesures sanitaires strictes doivent être observées.

La France a déclaré depuis la fin de l'été quatre cas en faune sauvage (H5N1) et trois cas en basses-cours (H5N8) sur le territoire métropolitain.

En Europe (géographique), 26 pays sont aujourd'hui touchés par les virus influenza, concernant plus de 400 foyers en élevage et 600 cas en faune sauvage.

Le ministre de l'Agriculture a appelé « l'ensemble des filières professionnelles, les chasseurs et les particuliers détenteurs d'oiseaux à respecter strictement les mesures de protection contre l'influenza aviaire et à déclarer sans délai toute suspicion, dont des mortalités anormales en élevage, aux autorités sanitaires de leur département ».

Depuis le 5 novembre, l'ensemble du territoire métropolitain a été placé en risque « élevé » vis-à-vis de l'influenza aviaire hautement pathogène (lire DV n° 1594). Des mesures de prévention renforcées s'appliquent ainsi afin de protéger les élevages de volailles. Elles s'accompagnent d'un renforcement des dispositifs de gestion de crise au sein du ministère en lien avec les services territoriaux et les professionnels. M.J.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1596

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