Granulés pour chevaux : raisonner la distribution

Si un cheval ne mange pas ses granulés d'une traite, cela constitue un signe d'alerte pour le propriétaire.

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Aurore HAMELIN

Alimentation

Il arrive aux propriétaires de demander l'avis des ASV quant au projet d'achat de granulés chez le cheval. Riches en protéines et énergie, les granulés sont utilisés pour compléter les rations de base ou les rééquiibrer.

Les granulés sont un type d'aliment concentré d'aspect uniforme. Ils sont appétents, se conservent bien et s'ingèrent rapidement. Si rapidement d'ailleurs qu'il y a des risques d'engouement chez le cheval, surtout âgé.

On distingue les granulés des aliments floconnés, plus gras, plus riches en amidon digestible et plus coûteux.

Composition

Ces aliments sont formulés de manières différentes selon leur objectif, leur composition sera variable en conséquence. La lecture de l'étiquette est donc importante comme avec d'autres aliments, pour chiens par exemple.

On y trouve des macro-nutriments : les protéines, les glucides et les lipides. Les protéines sont indispensables à la construction et à la réparation des tissus, à la production d'enzymes et d'hormones et au bon fonctionnement du système immunitaire. Les glucides, principalement sous forme d'amidon et de fibres, fournissent l'énergie nécessaire aux activités quotidiennes et aux performances sportives. Les lipides, ou graisses, sont une source d'énergie concentrée, de plus ils contribuent à l'absorption des vitamines liposolubles. Il est important de noter que tous les glucides ne se valent pas : l'amidon est rapidement digéré, tandis que les fibres, comme la cellulose et l'hémicellulose, sont fermentées dans le gros intestin, libérant une énergie plus lente et durable.

Les granulés contiennent également des micro-nutriments, tels que les vitamines et les minéraux. Une carence en micro-nutriments peut entraîner divers problèmes de santé. L'ASV peut conseiller de consulter un vétérinaire pour déterminer si une supplémentation est nécessaire.

Certains granulés complètent les rations à base principale de fourrages car ils sont riches en énergie et protéines (céréales, tourteaux...). D'autres rééquilibrent les rations riches en céréales comme ceux qui contiennent des légumineuses et des tourteaux. Enfin, il existe des granulés à base de fourrage, foin de graminées et/ou luzerne, qui peuvent remplacer en partie le fourrage de la ration principale mais la durée de mastication est réduite par rapport au fourrage brut.

Pourquoi en donner

D'emblée, on pense que les chevaux se satisfont de l'herbe du pré... Ce serait oublier que, dans la nature, le cheval se déplace parfois sur de longues distances pour se nourrir, variant ses apports alimentaires avec des herbes aux propriétés diverses selon leur lieu de pousse. Les chevaux sont la plupart du temps parqués dans des boxes ou des prés délimités. Ils font aussi plus d'exercice que dans la nature : chevaux de courses, de saut, d'attelage, etc. Il arrive ainsi que les apports par l'herbe d'un seul pré ou par le foin ne suffisent pas.

Les granulés sont alors ajoutés en complément de la ration principale. Il est de temps en temps utile d'en donner à des poulains en croissance, des vieux chevaux, des animaux en convalescence qui ont perdu du poids.

Quel granulé pour quel cheval

Selon l'âge ou l'activité, on distingue plusieurs catégories de granulés : poulain, entretien adulte, performance adulte, chevaux âgés. Pour un cheval, l'ASV peut rappeler qu'une activité légère se situe entre 1-3 à 3-5 heures par semaine avec 50 % des allures au pas. Elle devient modérée à soutenue quand le cheval travaille 5 à 7 heures par semaine avec 10 % de pas. Les granulés seront surtout destinés aux chevaux ayant une activité soutenue ou à ceux qui ont une mauvaise note d'état corporel.

Les granulés qui possèdent plus de 15 % de cellulose brute sont riches en fibres. Si leurs protéines totales dépassent 15 %, l'aliment est très protéique, de type « élevage ». Si les matières grasses sont au-dessus de 5 %, l'aliment est très énergétique, de type « compétition ».

Pour un cheval de loisir qui travaille peu,
1 heure par jour, qui pèse 600 kg, la ration peut se composer de 10 à 11 kg de foin, 3 kg de paille et 350 g de granulés du commerce.

Les erreurs à ne pas faire

- Ignorer le fourrage de qualité

Il ne faut jamais compenser le manque de fourrage avec des granulés. La qualité du fourrage doit être connue pour choisir les granulés dont la composition convient.

- Changer brutalement de ration

Il faut introduire les nouveaux granulés progressivement sur plusieurs jours.

- Ne pas peser la quantité donnée

Les granulés sont distribués en volume, les peser permet d'ajuster la ration précisément.

- Ajouter un complément minéral vitaminé

Attention, les granulés incluent déjà les minéraux et les oligo-éléments.

- Négliger l'accès à l'eau

Le cheval doit avoir toujours accès à de l'eau propre, de 20 à 80 litres par jour.

- Donner les granulés avant les fourrages

Il faut au contraire les distribuer après et réduire la quantité les jours d'inactivité.

- Se fier uniquement aux recommandations du fabricant

Chaque animal a des besoins propres, il faut faire le suivi du poids et de l'état de santé.

Le plus d'un vétérinaire nutritionniste équin

Le recours à un vétérinaire nutritionniste équin est intéressant :

- pour déterminer s'il existe des problèmes de santé sous-jacents ;

- en cas de difficultés à maintenir un poids sain ou pour faire reprendre de l'état à un animal malade ou convalescent ;

- pour optimiser la préparation à des compétitions de haut niveau.

Conclusion

Donner des granulés ne doit pas être systématique, ce doit être plutôt l'exception... Il faut rappeler que l'herbe ou le foin sont la base de l'alimentation du cheval et doivent représenter la majeure partie de sa ration. En effet, le fourrage riche en fibres satisfait le besoin de mastication, contribue à l'usure normale des dents, stimule la salivation. Il est indispensable à la santé du microbiote et donc à la digestion de type herbivore du cheval. La qualité du fourrage aura donc un impact direct sur le besoin en granulés ou non.

Dans le cas particulier où un cheval reçoit des granulés, s'il ne les mange pas d'une traite, cela constitue un signe d'alerte pour le propriétaire. L'ASV insistera alors sur la nécessité d'un avis vétérinaire.

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