Élections municipales : des vétérinaires peu nombreux mais des questions qui les concernent

Les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars.

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Maud LAFON

Société

A mesure que les scrutins défilent, les candidats vétérinaires aux élections quelle que soit leur échelle se raréfient. Si dans les années 70, il était de mise s'associer son statut de notable à un mandat politique, la perte du premier dans l'esprit du public a coïncidé avec celle des vocations électorales, sans forcément y voir de lien de cause à effet. Alors que les élections municipales se profilent, quelques irréductibles nous ont exposé leurs motivations.

Les 15 et 22 mars auront lieu les élections municipales 2026, un scrutin qui se déroule tous les six ans. Nous avons trouvé, avec difficulté car ils ne sont pas très nombreux, quelques candidats vétérinaires et avons recueilli leurs impressions à quelques jours du scrutin.

Désir d'oeuvrer pour la société, d'être utile à l'échelon local, d'apporter leurs compétences dans les domaines environnementaux ou animaliers... leurs motivations se recoupent. Certains sont novices en politique, d'autres déjà aguerris à l'exercice. Plusieurs candidats interrogés se (re)présentent en tant que maires, un poste qu'ils occupaient déjà ou ont occupé par le passé.

Il est d'autant plus compliqué de recenser les vétérinaires candidats à ces élections que les bases officielles du ministère de l'Intérieur sur les candidatures ne classent pas les candidats par profession au moment du dépôt. Une chose est sûre cependant, ils sont peu nombreux. Les professions libérales dans leur ensemble sont d'ailleurs peu représentées.

Pas d'étiquette visible

Un fait est visible chez les candidats vétérinaires comme chez tous les autres : dans ces scrutins décentralisés, ils ne mettent pas en avant leur étiquette politique, voire même parfois n'en revendiquent aucune. Il s'agit davantage d'agir au service des territoires et de la population de leur commune, sans prosélytisme ni d'ailleurs volonté de s'investir plus avant en politique pour la plupart.

Ils revendiquent une expertise sur les questions animales et environnementales et, plus largement, une connaissance de la population qu'ils côtoient aussi dans leurs cabinets et cliniques.

La question animale est d'ailleurs un sujet phare de ces prochaines élections. Il faut dire que 84 % des Français considèrent la protection animale comme une cause importante et 51 % pourraient orienter leur vote selon les mesures annoncées par un candidat (sondage Ifop pour la Fondation 30 millions d'amis, janvier 2026).

Les associations de protection animale mettent d'ailleurs ce thème en avant et plusieurs interpellent directement les candidats sur leur programme animalier. Parmi leurs revendications figurent les campagnes de stérilisation et d'identification de chats libres, le soutien aux refuges et associations ou encore l'encadrement plus strict des manifestations exposant et/ou vendant des animaux.

La question de la condition animale

Le bien-être animal devient une question politique, en réponse à une attente des électeurs. Les grosses communes sont plusieurs à avoir dédié un de leurs élus à la condition animale. Qui de plus légitimes que les vétérinaires pour s'emparer de ce sujet ?

Pour autant, le principal facteur limitant pour tous est le temps que nécessite cette implication, même à l'échelle locale. Certains attendent d'ailleurs de réduire leur activité professionnelle pour se lancer. Chez les vétérinaires, le point faible n'est donc pas le cumul des mandats mais le cumul d'activités, aussi chronophages l'une que l'autre ! Un mandat, même municipal, leur demande généralement un aménagement d'emploi du temps et donc la compréhension et la validation de leurs collaborateurs et de leurs familles.

Ceci est une des raisons qui expliquent qu'ils se fassent de plus en plus rares en politique alors que leur parole est précieuse en ces temps où l'environnement et les animaux prennent une importance accrue.

Gros Plan : Christophe Bazile : « La motivation est toujours présente »


Notre confrère Christophe Bazile (Lyon 95) est candidat à sa succession à la mairie de Montbrison, ville de près de 24 000 habitants situées dans la Loire, dans laquelle il tient une clinique avec sa femme depuis 1996. Il est maire de cette commune depuis 2014. Non encarté mais de sensibilité politique de centre droit, il est toujours aussi motivé par ce mandat d'élu local mais n'a pas pour autant renoncé à son métier de praticien.

La Dépêche Vétérinaire : Après 12 ans à la tête de la ville, vous briguez un troisième mandat à Montbrison (42) aux prochaines élections municipales. Qu'est-ce qui vous a motivé pour vous lancer en politique et qu'est-ce qui conforte votre implication ?

Christophe Bazile, maire de Montbrison, candidat aux municipales 2026 : J'ai été séduit par la ville de Montbrison lors de mon installation avec mon épouse. Nous habitons un territoire magnifique, avec un potentiel énorme. La centralité montbrisonnaise est incroyablement attractive. Ce sont des orientations et des décisions municipales entre 2008 et 2014 qui ont motivé ma décision de m'impliquer totalement et de briguer le poste de maire en 2014. Aujourd'hui, la motivation est toujours présente. J'ai envie, avec mon équipe municipale d'améliorer Montbrison et de mener certains projets à terme. Le soutien de mes proches est également moteur dans cette décision, comme le retour positif des habitants. Et en plus, j'ai la conviction d'avoir encore des chantiers importants à porter.

D.V. : Exercez-vous toujours en parallèle à votre mandat et comment avez-vous adapté votre activité professionnelle ?

C.B. : Mon activité de vétérinaire est avant tout une passion qu'il m'est impossible d'abandonner. Alors, j'exerce toujours une activité pour au moins 4 demi-journées par semaine. J'ai adapté mon agenda en conséquence afin de me permettre l'organisation de rencontres nombreuses les après-midi et soirées pour les échanges avec les services, les partenaires de la ville et les élus du territoire.

Je travaille aussi énormément le week-end, à la fois le samedi matin au cabinet et aussi pour assurer les urgences, qui sont un service extrêmement important dans notre domaine d'activité.

D.V. : Vous êtes-vous appuyé sur votre formation pour monter votre programme électoral ?

C.B. : Je suis sensible aux échanges, aux rencontres et au débat d'idées. Et ce sont avant tout mes expériences dans le domaine associatif et d'élu local qui me permettent aujourd'hui de construire un programme réaliste, pertinent et adapté.

Après, forcément, sur certains sujets, l'expérience de vétérinaire me permet de proposer des solutions pertinentes, notamment au niveau des aménagements des espaces verts, pour la présence de la nature en ville et des îlots de fraicheur. Être élu, c'est aussi apprendre sur des sujets aussi divers qu'intéressants. C'est avec cette expérience riche que je propose un programme électoral. L'écologie me parle, comme l'agriculture, l'agronomie, les interactions naturelles.

D.V. : Etre vétérinaire a-t-il été un atout dans vos fonctions d'édile ?

C.B. : Oui, effectivement ! C'est parfois un atout non négligeable et j'ai en tête la réalisation d'un projet de requalification d'une friche industrielle vieille de 40 ans, un projet de près de 30 millions d'euros. Ainsi, pour que la transformation du site Gégé soit possible, la commune devait acquérir un terrain mitoyen de 6 000 m², indispensable pour lever un droit de vue empêchant la création de logements. Les négociations menées jusqu'alors par une structure publique intermédiaire étaient au point mort depuis plus d'un an. La propriétaire récalcitrante finit, un jour, par se rendre chez son vétérinaire habituel... qui n'est autre que moi-même. Cette rencontre informelle a permis finalement de débloquer la situation et de faire aboutir la vente du terrain.

D.V. : Quelles sont vos ambitions pour la suite de votre carrière politique ?

C.B. : Je n'ai pas d'autres ambitions que d'être maire et président de l'agglomération. Ces missions sont prenantes, passionnantes et ô combien concrètes aussi. Les évolutions travaillées et les décisions actées se déploient rapidement sur le terrain. Je souhaite continuer d'exercer mon métier. Par conséquent, je reste un élu de proximité !

Gros Plan : François Courouble : « Je me présente dans un état d'esprit d'ouverture »

Président sortant de la CARPV, notre confrère François Courouble tire le bilan de son action après plus de dix ans passés à la tête de la caisse de retraite.

En parallèle à ses fonctions au sein des instances professionnelles, notre confrère François Courouble, qui fut notamment président de la CARPV*, a effectué plusieurs mandats d'élu local. Lors des prochaines élections municipales, il se présente comme maire dans sa commune de L'Abergement-de-Varey, dans l'Ain. Vu le budget restreint de son village, il mise avant tout sur un esprit d'ouverture et d'animation.

Après avoir été maire et occupé d'autres fonctions dans le village de Sully (71), notre confrère François Courouble (Alfort 81) a démissionné en 2012 et s'est, depuis, installé dans l'Ain, à L'Abergement-de-Varey.

Lui qui a été administrateur de la CARPV* pendant trente ans, dont dix ans comme président, s'est aussi investi en politique en parallèle.

Aujourd'hui, sa situation est particulière car il est en cumul emploi-retraite avec plusieurs activités :

- une petite activité de clinique dans un élevage de bovins/porcs transformation et vente directe à 100 % et quelques services aux voisins ;

- une dizaine de formations conseils multi-santé (FCMS) par an au nom de la SNGTV** ;

- une activité de conseil à travers Resovet (collaboration libérale/retraite) qui se fait, hors congrès, presque exclusivement depuis son domicile.

« Tous cela m'occupe tous les jours ou presque, à raison d'une demi-heure à 8 heures quand il s'agit de déplacement, hors vacances scolaires car j'ai des petits-enfants dont j'adore m'occuper », explique-t-il.

Habitants impliqués dans la vie de la commune

Sa candidature aux prochaines élections municipales dans son village de 273 habitants s'inscrit dans le processus suivant tel que détaillé dans son programme : « Depuis juillet 2025, des réunions se sont tenues sur l'avenir du village à l'initiative de conseillers sortants. Elles ont permis à un grand nombre d'habitants (plus d'une soixantaine) d'exprimer leur vision et leurs souhaits pour le futur de L'Abergement. Peu à peu, un collectif de personnes souhaitant plus concrètement apporter leur énergie à la vie de la commune s'est constitué. Dans la dynamique de ce mouvement, un binôme - notre confrère et une autre candidate -, accompagné de 11 personnes se présente pour continuer ensemble à développer la qualité de vie dans le village. Cette équipe est constituée d'habitants déjà impliqués dans la vie de la commune, par leur mandat de conseillers municipaux, leurs activités au sein des associations ou leur projet professionnel. Ils sont issus de milieux professionnels variés et plusieurs d'entre eux ont une bonne connaissance des instances intercommunales ».

Notre confrère se présente donc en binôme avec une candidate qui sera première adjointe.

« J'ai été fortement sollicité pour que dans le collectif, je prenne la tête de la liste de par mon expérience et un peu de temps vu mon emploi du temps peu contraint aujourd'hui. Ce n'est pas une candidature d'un homme qui créé une liste dans une commune. Je suis dans cette commune très accueillante depuis 5 ans », ajoute-t-il.

Manque de temps

« Le programme d'une commune qui a un budget de 200 000 euros, qui permet de dégager 60 000 euros de part dans l'investissement sans les subventions, est très succinct. Il est avant tout dédié à l'entretien de la commune (bâtiments communaux/petit patrimoine/routes communales/chemins ruraux) dont une part d'investissement quand il faut changer une chaudière par exemple. C'est donc plus un état d'esprit d'ouverture, d'animation, d'accueil qu'il faut développer », poursuit-il.

François Courouble est conscient qu'il y a peu de vétérinaires, comme de professions libérales en général, engagés dans ces mandats locaux et l'explique surtout par les contraintes en termes de temps, les réunions dans les communautés de communes ou les syndicats divers (eaux/ordures ménagères/électricité) étant extrêmement chronophages. M.L.

* CARPV : Caisse autonome de retraite et de prévoyance des vétérinaires.

** SNGTV : Société nationale des groupements techniques vétérinaires.

Gros Plan : Catherine Gauchot : « J'ai été approchée pour gérer les problématiques animalières »

Notre consoeur Catherine Gauchot (Toulouse 89), praticienne canine à Sarlat, en Dordogne, sera candidate aux prochaines élections municipales dans sa ville. Si elle a accepté volontiers cette candidature, estimant cet engagement important pour la société, elle n'en est pas à l'origine. Elle a été contactée par un des candidats pour gérer les problématiques animalières sur la commune.

La Dépêche Vétérinaire : Vous vous portez candidate comme conseillère aux prochaines élections municipales. Pourquoi cette candidature ?

Catherine Gauchot, candidate aux élections municipales dans la ville de Sarlat (24) : j'ai été contactée par un des candidats à la mairie de la commune dans laquelle j'exerce seule en tant de vétérinaire canine exclusivement. Cette commune de Sarlat, en Dordogne, compte 8 000 habitants avec une forte fréquentation touristique l'été. Le candidat au poste de maire sur la liste duquel je figure se présente sans étiquette mais avec une sensibilité LR.

Il m'a contactée pour améliorer la prise en charge des animaux sur la commune : fourrière municipale à transformer en refuge décent, prévoir une structure d'accueil pour les chats, réguler les populations des chats errants...

D.V. : Comment a réagi le personnel de votre clinique ? A-t-il des craintes quant à la baisse de votre disponibilité si vous êtes élue ? Est-ce une décision qu'on prend en commun avec son équipe ?

C.G. : Exerçant seule mais avec trois ASV, j'ai pris ma décision seule mais en tenant informées mes ASV.

Pour l'instant l'activité de candidate me prend mes dimanches pour le porte à porte et certains soirs pour les réunions.

D.V. : Sur quels points comptez-vous mettre l'accent si vous êtes élue ? Votre formation et votre métier vous influenceront-ils dans votre programme ?

C.G. : Les compétences de vétérinaire sont utiles pour appréhender les problématiques liées à l'animal en ville et notre formation permet de hiérarchiser les problèmes et de savoir s'organiser.

D.V. : Est-ce votre première expérience en politique et qu'est-ce qui l'a motivée ?

C.G. : Oui, c'est ma première expérience en politique et sûrement la dernière au vu de mon âge ! J'ai pensé que l'engagement de façon générale est important pour notre société.

Gros Plan : Florence Baur : « Dans une petite commune, le rôle d'élu local est apolitique »


Dans son petit village de 50 habitants, dans les Hautes-Alpes, Florence Baur (Lyon 92), vétérinaire mixte, prendra part, pour la première fois, aux prochaines élections municipales en tant que candidate sur la liste du maire sortant. A cet échelon local, ce n'est pas l'étiquette politique qui compte selon elle mais ce qu'elle peut apporter par sa connaissance du territoire et des habitants.

La Dépêche Vétérinaire : Vous faites partie, dans les premières positions, d'une des listes électorales dans votre village de Châteauneuf-d'Oze, dans les Hautes-Alpes. Pourquoi avez-vous été sollicitée pour y figurer à votre avis ?

Florence Baur, candidate aux élections municipales à Châteauneuf-d'Oze : Le maire sortant m'a contactée pour faire partie de la liste, après proposition des autres colistiers, au moins car la profession de vétérinaire est un gage de sérieux. Je suis par ailleurs connue des autres habitants plus par ma fonction que par mon adresse.

D.V. : Est-ce votre première expérience en politique et qu'est-ce qui vous a conduite à l'accepter ?

F.B. : Il s'agit en effet de ma première expérience de ce type. J'ai accepté car je pense à présent avoir le temps nécessaire à consacrer à cette fonction, ce qui n'était pas le cas lors des précédentes élections, mais aussi parce que, pour une petite commune comme la nôtre (50 habitants), le rôle est apolitique.

D.V. : Quels sont selon vous les atouts des vétérinaires pour de telles fonctions d'élu local ? Voyez-vous également des points faibles ?

F.B. : Un point fort est la connaissance du territoire et de ses habitants et aussi de quelques élus par mon activité surtout de rurale.

Un point faible serait la sur-sollicitation à posteriori à cause de la double casquette et, éventuellement, le mélange des genres de la part des partenaires ou clients. Mais en principe, je sais compartimenter.

D.V. : Cette incursion en politique est-elle bien vécue par vos collaborateurs et par vos clients ?

F.B. : Pour le moment, oui. On verra plus tard si cela a de réels impacts ou pas.

D.V. : Sur quels points comptez-vous mettre l'accent si vous êtes élue ? Certains sont-ils en lien avec votre profession ?

F.B. : Oui, en particulier l'importance du maintien d'un maillage de qualité pour tous les professionnels de santé en territoire rural et donc y compris les vétérinaires. Je compte également développer l'attractivité de ces territoires pour de nouveaux arrivants, qu'ils soient acteurs ou consommateurs de ce maillage.

Gros Plan : Pierre-Yves Dumoulin : « Les élus vétérinaires devraient partager leur expérience auprès de leurs confrères »


Maire de Rosny-sur-Seine (78) depuis huit ans, notre confrère Pierre-Yves Dumoulin (Nantes 89) se représente en tant que conseiller municipal aux prochaines élections municipales pour se consacrer à son métier, sa famille et son autre mandat de vice-président de communauté urbaine. Il déplore la faible implication des vétérinaires à ces postes d'élus locaux pourtant passionnants et encourage les vétérinaires élus à partager leur expérience auprès de leurs confrères.

La Dépêche Vétérinaire : Vous êtes maire de Rosny-sur-Seine (78) depuis février 2018 puisqu'alors deuxième adjoint, vous avez remplacé le maire décédé deux ans avant les municipales de 2020 que vous avez ensuite remportées. Etes-vous candidat à celles de 2026, en tête de liste ou pas, et pourquoi ?

Pierre-Yves Dumoulin, candidat aux élections municipales à Rosny-sur-Seine : Non je ne suis pas tête de liste pour les prochaines municipales mais je figure en troisième position sur la liste. Je suis surtout candidat à la communauté urbaine Grand Paris Seine-et-Oise (GPSEO) (430 000 habitants, plus grosse communauté urbaine de France) dont je suis un des vice-présidents.

Je souhaite « alléger » mes obligations d'élus pour me consacrer à mon métier, ma famille et l'agglomération. Le mandat de maire est en effet très lourd en termes d'emploi du temps et de responsabilités.

De plus, ma femme est aussi élue (ancienne première adjointe, députée, et aujourd'hui vice-présidente du département des Yvelines). Notre vie est bien remplie...

D.V. : Que vous a enseigné ce premier mandat de maire et quels ont été les atouts ou inconvénients conférés par votre diplôme de vétérinaire ? Avez-vous continué à exercer en parallèle ?

P.-Y.D. : J'ai beaucoup aimé mes deux mandats avec de nouvelles responsabilité et la gestion d'une mairie dotée d'un budget de 20 millions d'euros qui permet de nombreux projets : une cuisine centrale, une nouvelle école, un parc urbain avec une nouvelle mairie, etc.

A la communauté urbaine, avec un mandat à l'aménagement, j'ai piloté de grands projets comme l'arrivée du RER dans notre territoire. Bien loin des soins aux animaux...

C'est une chance que d'avoir découvert un autre monde et surtout de m'y être engagé au service de mes habitants.

Le maire a encore des pouvoirs pour faire changer le quotidien de nos concitoyens, c'est un mandat passionnant mais usant.

Notre formation scientifique est un atout, nous recherchons souvent des solutions de bon sens avec un esprit méthodique. Nous avons un bon contact avec nos administrés et nos agents, en lien avec notre relation au quotidien avec la clientèle.

En parallèle à mon mandat de maire, j'ai continué à travailler quatre jours par semaine à la clinique.

D.V. : Pourquoi si peu, et même de moins en moins, de vétérinaires en politique à votre avis ? Essayez-vous de convaincre des confrères de se lancer ?

P.-Y.D. : Hélas en effet, les professions libérales sont peu représentées en politique aujourd'hui.

Pourtant, nous devons continuer à représenter notre profession. Nous en avons les capacités et nous sommes très écoutés grâce à notre formation reconnue. Notre implantation locale est un atout.

Peut-être perdons nous l'esprit d'entreprise et de responsabilités avec l'extension des groupes vétérinaires.

Il existe en général une crise des vocations d'élus chez les vétérinaires comme dans beaucoup de corps de métier (médecins, cadres, etc.).

Peut-être devrions nous (les élus) partager notre expérience auprès de nos confrères.

Gros Plan : Eric Février : « Les connaissances acquises dans chaque milieu enrichissent les éléments de décision »


Notre confrère Eric Février (Alfort 80), administrateur du SNVEL*, fait partie des vétérinaires investis de longue date dans des fonctions électorales. Il se présente pour la quatrième fois à la mairie de sa commune du Cantal, Saint-Mamet-la-Salvetat, qu'il dirige depuis 2008. Séparer ses fonctions et leur dédier un temps spécifique tout en les faisant s'enrichir mutuellement est un des secrets de sa longévité en politique.

La Dépêche Vétérinaire : Vous briguez un quatrième mandat de maire dans votre commune de Saint-Mamet-la-Salvetat, dans le Cantal. Vous faites partie des vétérinaires investis en politique de longue date. Qu'est-ce qui concourt à maintenir votre motivation ?

Eric Février, candidat à la mairie de Saint-Mamet-la-Salvetat (15) : Je suis motivé par l'envie de continuer à faire progresser notre commune, notre territoire ; le soutien et la sollicitation des équipes municipales passée et en cours ; la capacité (j'espère !) de porter des idées réfléchies grâce à mes connaissances et mes mandats dans des univers différents. Cela permet d'y intégrer des visions complémentaires.

D.V. : Avec votre expérience, quel regard portez-vous sur vos fonctions d'élu local ? Que vous a apporté ce mandat, dans votre vie professionnelle et en général ?

E.F. : Un des choix importants que j'ai essayé de faire est celui de séparer au maximum les moments : lorsque j'agis comme vétérinaire, lorsque je suis élu mais aussi dans la vie familiale. Même si ce n'est jamais totalement étanche, les relations sont simplifiées car les gens rencontrés s'en rendent compte et cela devient plus confortable et plus efficace.

Et la juxtaposition et les connaissances acquises dans chaque milieu enrichissent les éléments de décision, de chaque côté.

D.V. : Vos priorités d'action ont-elles évolué au cours du temps ? Quelles sont-elles aujourd'hui ?

E.F. : Bien sûr, en 18 ans la société, le territoire, les habitants évoluent. Les actions ou investissements réalisés orientent les nouveaux projets au niveau communal. Et l'histoire personnelle, qu'elle soit professionnelle ou comme élu, intègre aussi ce vécu.

De plus en plus de services nécessaires, la prise en compte accrue des enjeux à venir (transition, économie en milieu rural, développement durable dans tous ses aspects, accueil de population et de services) est un guide et un moteur de l'élaboration d'un projet communal.

D.V. : Les vétérinaires sont toujours peu nombreux à s'investir en politique. Comment l'expliquez-vous et y voyez-vous des solutions ?

E.F. : Sans doute à l'identique de la société, ils ont plus de mal à s'engager, en particulier dans le collectif. S'y ajoute souvent un manque de temps qui demande plus d'organisation.

Ce type de projet, qui reste malgré tout personnel, doit être partagé par l'entourage, familial et professionnel. La reconnaissance sociétale de la valeur morale de cet engagement ainsi qu'un respect renouvelé envers la fonction et l'individu favoriseraient l'intérêt pour ces missions.

* SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1788

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