DNC : une gestion « globalement performante » avec des « vulnérabilités fragilisant le dispositif » , conclut un rapport parlementaire

Le non respect des mesures a aggravé la crise : mouvements illégaux, vaccination incomplète ou retards dans l'application des protocoles ont favorisé la propagation de la maladie, en particulier en Occitanie.

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Michel JEANNEY

Prophylaxie

L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques vient de rendre public un rapport sur la gestion de la crise liée à l'épizootie de dermatose nodulaire contagieuse en France. Le document souligne que l'éradication de cette maladie fait consensus au sein de l'Union européenne et que, globalement, sa gestion dans l'Hexagone est jugée performante. Plusieurs points de vulnérabilités ont toutefois été identifiés.

Une mission de sénateurs et de députés de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques a publié, le 29 janvier, un rapport sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Celui-ci s'appuie en partie sur des auditions menées le 15 janvier auprès de 11 personnalités issues des milieux vétérinaire et scientifique.

Le rapport souligne que la gestion de la crise en France, déclenchée le 29 juin 2025 par le diagnostic du premier cas de DNC dans l'Hexagone, est jugée par les intervenants « globalement performante, malgré certaines vulnérabilités qui fragilisent le dispositif ».

Détections parfois tardives

Le document rappelle que l'éradication de la DNC fait consensus au sein de l'Union européenne et repose sur quatre piliers : la surveillance pour une détection précoce, le dépeuplement total des bovins dans les unités épidémiologiques infectées, l'interdiction des mouvements d'animaux et la vaccination obligatoire (notamment dans les zones réglementées).

Le non respect de ces mesures a aggravé la crise : mouvements illégaux, vaccination incomplète ou retards dans l'application des protocoles ont favorisé la propagation de la maladie, en particulier en Occitanie.

Parmi les vulnérabilités identifiées, le rapport pointe d'abord des détections parfois tardives, dépendantes de la vigilance des éleveurs et qui ont pu être ralenties par la pénurie de vétérinaires en zone rurale.

Une autre faille réside dans les mouvements d'animaux difficiles à contrôler.

Maillage vétérinaire sous tension

Les limites des tests sont également soulignées : difficulté à détecter les animaux asymptomatiques et absence de tests sérologiques fiables pour distinguer animaux vaccinés et infectés.

Enfin, la protection vaccinale reste incomplète : son efficacité et la durée d'immunité varient avec un risque de circulation silencieuse du virus.

Le rapport fait état également de « vulnérabilités plus structurelles » comme « un maillage vétérinaire sous tension », « une recherche en santé animale sous-dimensionnée » et « des facteurs de risques accrus en raison de l'intensification des mouvements légaux et illégaux d'animaux, du changement climatique, des campagnes de désinformation, voire de menaces bioterroristes ».

Sur la désinformation, certains intervenants ont alerté sur ses dangers en France, notamment « autour de la vaccination qui conduit à son rejet par une minorité d'éleveurs, avec des conséquences potentiellement néfastes sur la gestion de la crise de la DNC ». Dans un tel contexte, c'est un défi, pour les autorités publiques et les scientifiques, d'être audibles et de rétablir la vérité face en particulier aux réseaux sociaux.

Les intervenants insistent donc sur l'importance « de la communication et de la pédagogie pour accompagner les actions de dépeuplement et gérer les enjeux majeurs d'acceptabilité que ces mesures soulèvent tant pour les éleveurs que pour le grand public ».

Six recommandations

Un représentant de la Direction générale de l'alimentation a expliqué que la stratégie vaccinale de la France pour 2026 n'était pas arrêtée. Trois options vont faire l'objet de consultations des parties prenantes d'ici la fin du mois de janvier 2026 : l'arrêt de la vaccination, la vaccination généralisée ou la poursuite d'une vaccination ciblée dans les zones où elle a été obligatoire en 2025.

L'Office parlementaire propose en conclusion six recommandations : poursuivre la pédagogie auprès du public et des éleveurs, imposer le respect strict du protocole national (surveillance, abattage, interdiction des mouvements, vaccination), investir massivement dans la recherche sanitaire animale, assurer un maillage territorial vétérinaire suffisant, renforcer les contrôles de traçabilité des animaux et adapter les stratégies de filière pour réduire les mouvements d'animaux.

Encore plus d'infos !

L'audition publique de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques est visionnable ici.

Le rapport complet est en ligne ici.

Les six recommandations du rapport

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1785

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