Cédric Lacroix, étudiant vétérinaire et marathonien : « Chercher le meilleur chrono sans sacrifier mes études »
Cédric Lacroix entre en deuxième année d'études vétérinaires à l'université européenne de Madrid.
© D.R.
Portrait
Etudiant vétérinaire à l'université européenne de Madrid, Cédric Lacroix, 23 ans, est devenu un des plus jeunes représentants de la profession médiatisé à l'échelle nationale en se distinguant, début avril, au Marathon de Paris qu'il a couru en 2 heures 28 minutes et 48 secondes, avec une moyenne de plus de 17 km/h (lire DV n° 1795). Il avait remporté cette course l'an dernier dans la catégorie Espoir. Notre futur confrère est également ambassadeur pour la marque Nestlé Purina dans le cadre de son programme Purina Young Vets.
■ La Dépêche Vétérinaire : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours professionnel et ce qui vous a donné envie d'être vétérinaire ? Quelle carrière comptez-vous embrasser ?
Cédric Lacroix, étudiant vétérinaire, athlète de marathon et triathlon longue distance : Je rentre en septembre en deuxième année d'école vétérinaire à Madrid, dans un cursus 100 % espagnol. Deux perspectives m'ont donné envie de faire ce métier : d'abord, tout simplement, l'amour des animaux mais surtout le versant médecine, avec cette spécificité de toucher à tous les aspects de la médecine à travers les espèces.
Pour la suite, rien n'est figé mais j'aimerais me diriger vers une pratique mixte, rurale et canine. J'ai fait énormément de stages en France pour tenter le concours vétérinaire français, que je n'ai pas obtenu. C'est ce qui m'a conduit en Espagne. Ces stages m'ont surtout permis de découvrir la réalité du métier au quotidien où la relation humaine avec les propriétaires et le sens de l'écoute sont aussi essentiels que les connaissances scientifiques.
Les stages m'ont appris une chose avant tout : ce métier se joue autant dans l'écoute que dans la science. Quand on choisit ce métier « parce qu'on aime les animaux », il faut vite comprendre que c'est d'abord un métier de relations humaines.
■ D.V. : Avez-vous des relations avec les écoles et étudiants vétérinaires français ? Dans quel pays envisagez-vous de pratiquer ?
C.L. : J'ai quelques contacts avec des étudiants vétérinaires français mais sans plus. Je compte en revanche rentrer m'installer en France, en passant d'abord par un internat en sortie d'études pour progresser sur un maximum de sujets et voir le plus de cas cliniques possible.
■ D.V. : Avez-vous toujours pratiqué la course en parallèle et depuis quand faites-vous des marathons ?
C.L. : Je fais du sport depuis tout petit : d'abord du cyclisme, puis du triathlon, avant de me spécialiser sur le marathon. Je garde toujours cette logique d'entraînement croisé avec le vélo, en complément de la course, surtout l'été. Il est important pour moi de m'écouter et de ne pas me « dégoûter » pour aller le plus loin possible dans la durée.
Je me suis orienté très jeune vers le marathon, surtout parce que c'est un format où le classement passe au second plan : j'ai une philosophie : moins je me compare aux autres, mieux je me porte. Sur marathon, on ne court pas contre les autres, on court contre soi-même et c'est ça qui me plaît.
■ D.V. : Qu'est-ce qui vous motive dans ce sport ? Est-il facile de le pratiquer en parallèle de vos études vétérinaires ou cela nécessite-t-il des aménagements ? Cet engagement sportif impacte-t-il vos relations avec les autres étudiants ?
C.L. : Pour progresser sur le plan chronométrique, je pense que le meilleur conseil est de s'écouter. Un point important me concernant : je m'auto-coache, sans coach externe, parce que j'aime analyser et comprendre moi-même ce que je fais, plutôt que d'appliquer bêtement un programme. Un regard extérieur peut aider mais avec le temps et les échecs, j'ai appris à prendre du recul et à analyser rapidement mes séances. Il n'est pas simple pour autant de concilier études et sport de haut niveau : je cours le plus souvent deux fois par jour, ce qui demande de l'organisation, une bonne gestion de la fatigue et un suivi rigoureux des charges d'entraînement pour durer car les progrès sont très lents dans ce sport et la fatigue peut vite s'accumuler jour après jour.
Côté relationnel, c'est même l'inverse de ce qu'on pourrait imaginer : je m'entoure de personnes qui ont un mode de vie proche du mien et, même si je sors très peu, je vois mes amis quotidiennement à l'entraînement. J'aime mutualiser les séances. Ça permet aussi de s'évader des révisions en fin de journée ; c'est ce que je préfère, retrouver mes amis pour se vider la tête en courant. Ce que je dis souvent : il faut se motiver mais on ne regrette jamais d'y être allé. Courir m'aide aussi à décrocher des révisions.
■ D.V. : Avez-vous d'autres hobbies en plus de la course ?
C.L. : L'été, j'aime faire du bikepacking, des voyages en itinérance à vélo, en autonomie complète avec la tente. J'ai déjà fait la traversée des Pyrénées et, cet été, je suis parti sur un tour des Alpes en passant par les plus grands cols. Ce genre d'aventure me fait beaucoup de bien. En bikepacking, je prends mon temps sans pression, sans chrono et j'avoue que j'aime bien observer les troupeaux d'alpage en montagne.
■ D.V. : En parallèle de vos études, vous êtes ambassadeur du programme Purina Young Vets. En quoi cela consiste-t-il ?
C.L. : Le programme Purina Young Vets est un programme de soutien aux étudiants vétérinaires. Pour accompagner leur bien-être, en les aidant à pratiquer du sport ou à travers le sponsoring de sportifs de haut niveau, comme moi, et le soutien aux équipes sportives des écoles mais aussi via des formations au bien-être émotionnel entre autres.
■ D.V. : Quels sont vos objectifs sportifs et professionnels pour les mois qui viennent ?
C.L. : Côté sportif, j'aimerais courir un semi-marathon d'ici la fin de l'année, puis viser le marathon de Paris 2027 en cherchant le meilleur chrono possible, tout en gérant mes études vétérinaires. Chercher le meilleur chrono possible, sans jamais sacrifier les études, c'est tout l'équilibre que je cherche. Le marathon et la médecine vétérinaire demandent la même chose au fond : de la patience et de la régularité. ■
Encore plus d'infos !
Site Internet : https://cedric-lacroix-athlete.netlify.app/






