CAPobservance entend améliorer l'observance lors de maladies chroniques

Le taux d'observance en médecine vétérinaire est estimé entre 40 et 60 % mais ces chiffres, basés sur des autodéclarations, pourraient être sur-évalués.

© Justyna - Adobe

Exercice

CAPdouleur, réseau dédié à la lutte contre la douleur animale, et Tirsev, société spécialisée dans le management et la relation client, se sont associés pour analyser les freins à l'observance et proposer des solutions concrètes. Ce projet, baptisé CAPobservance, sera déployé en partenariat exclusif avec Boehringer Ingelheim pour trois ans à compter de 2026.

« Cette initiative part d'un constat : l'explosion des maladies chroniques, en raison du vieillissement des animaux, entraîne une hausse des processus douloureux et une dégradation de leur qualité de vie », explique le docteur vétérinaire Thierry Poitte, cofondateur de CAPdouleur.

Un décalage de perception entre vétérinaires et propriétaires

« Face à l'inobservance, un fatalisme teinté d'impuissance prédomine chez les vétérinaires alors que les solutions thérapeutiques se multiplient », souligne-t-il. Le taux d'observance en médecine vétérinaire est estimé entre 40 et 60 % mais ces chiffres, basés sur des autodéclarations, pourraient être surévalués.

En médecine humaine, 23 millions de Français souffriraient de maladies chroniques. En médecine vétérinaire, l'absence de données objectives a poussé CAPdouleur et Tirsev, représentée par son cofondateur, le docteur vétérinaire Pierre Mathevet, à lancer deux enquêtes (qualitative et quantitative) pour évaluer la perception des propriétaires.

Il ressort que les principaux freins à l'observance ne sont pas tant liés au coût perçu négativement par le propriétaire qu'à un manque de disponibilité, d'écoute et de suivi des équipes vétérinaires. Thierry Poitte évoque un manque de « qualité de temps disponible » de la part des équipes soignantes.

Un décalage existe donc entre la perception des propriétaires et celle des vétérinaires qui estiment difficile d'évaluer la douleur animale et doutent de l'engagement des propriétaires dans le suivi.

Quatre axes d'intervention

À partir de ces enquêtes, CAPobservance a identifié quatre axes d'intervention ou « portes d'entrée » : l'animal douloureux, l'équipe soignante vétérinaire, le propriétaire aidant et les laboratoires pharmaceutiques.

Thierry Poitte insiste sur la nécessité de développer une culture de l'observance avant de déployer d'éventuels outils.

Cette sensibilisation passera notamment par la désignation de cliniques pilotes sélectionnées par Boehringer Ingelheim, des présentations dans le cadre des EPU CAPdouleur, un symposium sur l'observance qui pourrait être organisé au congrès de l'Afvac, des articles, webinaires, podcasts, newsletters...

Un livret blanc dédié à l'observance est également en cours de rédaction. M.J.

« Toute reproduction, diffusion, traduction ou exploitation totale ou partielle de nos contenus de quelque nature que ce soit, accessibles gratuitement ou non, sans l’autorisation écrite et préalable de La Dépêche Vétérinaire, est strictement interdite (articles L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle) »
Envoyer à un ami

Mot de passe oublié

Reçevoir ses identifiants