Vitiligo : une forte prédisposition raciale
Le vitiligo se manifeste classiquement par des macules achromiques sur la truffe, les lèvres, les muqueuses buccales et, plus généralement, la face.
© Emmanuel Bensignor
Emmanuel BENSIGNOR
Spécialiste en dermatologie
Consultant à Paris 3e, Rennes-Cesson et CHV Atlantia (Nantes)

Dermatologie
Le vitiligo est une amélanose héréditaire et génétique, mélanocytopénique et circonscrite.
Chez le chien, on suspecte l'intervention d'un mécanisme polygénique dans lequel différentes mutations affecteraient plusieurs gènes, entraînant ou favorisant la mort des mélanocytes.
Cette maladie présente une forte prédisposition raciale. On la retrouve plus souvent chez le berger allemand, le Terre-Neuve, le rottweiler, le tervueren et le doberman.
La pathogénie du vitiligo n'est pas encore complètement élucidée. Trois hypothèses sont actuellement proposées :
a) la théorie auto-immune basée sur la présence d'anticorps et de lymphocytes T cytotoxiques dirigés contre les mélanocytes dans le sérum de ces animaux ;
b) la théorie neurogène qui suggère que le vitiligo est secondaire à la libération d'un médiateur neurochimique capable d'induire une inhibition de la mélanogénèse et probablement un phénomène de cytotoxicité ;
c) la théorie de l'auto-toxicité due à l'accumulation d'un composé intermédiaire de la mélanogénèse probablement cytotoxique pour le mélanocyte.
Ces trois mécanismes pourraient aussi intervenir ensemble à divers degrés dans la genèse du vitiligo.
Les poils peuvent être touchés
Le vitiligo se manifeste classiquement par des macules achromiques sur la truffe, les lèvres, les muqueuses buccales et, plus généralement, la face. Une atteinte des coussinets plantaires, voire des griffes, est souvent observée.
Plus rarement la maladie peut débuter sur d'autres zones du corps. Elle peut également toucher les poils. On parle alors de leucotrichie ou de poliose.
L'évolution de la maladie est capricieuse et imprévisible : certains cas guérissent spontanément alors que d'autres persistent durant toute la vie de l'animal. On observe généralement un développement symétrique des macules.
L'examen histopathologique, qui permet de confirmer le diagnostic, met en évidence une réduction ou une absence de mélanocytes et de mélanine dans l'épiderme. Le derme est souvent normal mais, chez certaines races, en début d'évolution, il est possible d'observer une dermatite d'interface lymphocytaire, ce qui est en faveur d'une origine auto-immune de la maladie.
Avec cette maladie aux conséquences purement cosmétiques, il est conseillé d'éviter le soleil. ■






