Vétérinaires pour la biodiversité appelle à une révision du dispositif Esod

Neuf espèces autochtones sont susceptibles d'être classées Esod dont le renard roux.

© FHoTo - Adobe

Corinne DESCOURS-RENVIER

Faune sauvage

À l'occasion d'un projet d'arrêté soumis à la consultation du public par le ministère chargé de la chasse, l'association Vétérinaires pour la biodiversité rappelle que le dispositif Esod (pour Espèces susceptibles d'occasionner des dégâts) est une exception française dénoncée par de nombreux scientifiques et associations de protection de la nature.

Jusqu'au 30 juillet pour participer à la consultation

En application de l'article R. 427-6 du Code de l'environnement, la liste, les périodes et les modalités de destruction des Esod du groupe 21 est fixée pour trois ans par un arrêté ministériel pris sur proposition des préfets de département.

Une consultation en ligne se rapportant au prochain arrêté, qui couvrira la période 2026-2029, est en cours jusqu'au 30 juillet prochain : https://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-pris-pour-l-application-de-l-a3385.html

Vers une gestion plus éthique et scientifique des Esod ?

À cette occasion, VPB appelle les citoyens à se mobiliser non seulement pour donner un avis défavorable à ce projet mais aussi pour demander la révision du dispositif Esod considéré comme un gaspillage financier.

En effet, selon une synthèse publiée en 2026 par le Muséum national d'histoire naturelle, les dommages annuels occasionnés par les animaux concernés sont estimés entre 8 et 23 millions d'euros, alors que la valorisation des efforts produits pour les tuer se situe entre 103 et 123 millions d'euros2.

« Par ailleurs, le dispositif Esod est susceptible d'aggraver les déséquilibres écologiques », souligne VPB dans un récent communiqué. « En exterminant des prédateurs naturels, on favorise la prolifération de ravageurs agricoles avec de potentiels effets négatifs en cascade sur la santé publique : maladie de Lyme, encéphalite à tiques et autres agents pathogènes véhiculés par les parasites des rongeurs. »

Enfin, certaines des méthodes utilisées - piégeage et chasse sous terre - occasionnent des souffrances qui seraient inenvisageables dans d'autres espèces animales.

Dans la continuité du rapport « Vivre avec la faune sauvage » publié en 2025 par l'Académie vétérinaire de France, VPB propose donc :

- une caractérisation objective des bénéfices écosystémiques et des dommages causés par chaque population concernée ;

- des décisions fondées sur des preuves scientifiques ;

- une préférence accordée aux mesures non létales ;

- et enfin une évaluation systématique des effets des actions engagées, afin d'ajuster les pratiques si nécessaire.

1 Neuf espèces autochtones susceptibles d'être classées Esod : renard roux, fouine d'Europe, martre des pins, belette d'Europe, étourneau sansonnet, geai des chênes, corneille noire, corbeau freux et pie bavarde.

2 https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320726000273.

« Toute reproduction, diffusion, traduction ou exploitation totale ou partielle de nos contenus de quelque nature que ce soit, accessibles gratuitement ou non, sans l’autorisation écrite et préalable de La Dépêche Vétérinaire, est strictement interdite (articles L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle) »
Envoyer à un ami

Mot de passe oublié

Reçevoir ses identifiants