Vaccins FCO 1 remis en circulation : une fenêtre, étroite, de vaccination jusqu'au 30 juin

Au total, 813 191 doses sont rendues disponibles pour les filières bovine, ovine et caprine, sur l'ensemble du territoire national.

© Gérard Bosquet

Prophylaxie

Un arrêté publié au Journal officiel le 2 juin 2026, faisant suite à une décision du 21 mai, autorise la remise en circulation des doses de vaccin contre la fièvre catarrhale ovine de sérotype 1 (FCO 1) (lire DV n° 1802). Les commandes rouvrent sur tout le territoire via l'outil Calypsovet, dans la limite des stocks disponibles. Les éleveurs et leurs vétérinaires disposent d'une fenêtre étroite : les animaux devront être vaccinés avant le 30 juin.

La Direction générale de l'alimentation (DGAL) a confirmé, lors de la réunion hebdomadaire qu'elle tient avec le SNVEL* et la SNGTV** sur les maladies animales émergentes, la réouverture des commandes de vaccin FCO 1.

Commandes via Calypsovet

Au total, 813 191 doses sont rendues disponibles pour les filières bovine, ovine et caprine, sur l'ensemble du territoire national et selon la règle du « premier arrivé, premier servi ». Les commandes s'effectueront, comme pour les campagnes précédentes, dans l'outil Calypsovet, dès la diffusion du bulletin d'information dédié.

Sur le plan de la prise en charge financière, la DGAL a apporté une clarification attendue : l'acte de prescription et de délivrance est à la charge de l'éleveur, de même que l'acte d'injection lorsqu'il est réalisé par un vétérinaire. Une précision qui acte que les prestations vétérinaires associées à cette campagne ne relèvent pas d'une gratuité de fait.

L'enjeu, pour l'administration, est d'éviter la péremption de doses encore mobilisables, stockées dans les chaînes du froid de l'État. Mais la profession pointe un calendrier resserré, à moins de trente jours de l'échéance, alors que les troupeaux ont rejoint les pâtures.

* SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

** SNGTV : Société nationale des groupements techniques vétérinaires.

Gros Plan : « Entre l'annonce et le 30 juin, la marge de manoeuvre sur le terrain est très réduite »

La Dépêche Vétérinaire : Comment accueillez-vous cette remise en circulation des doses de vaccin contre la fièvre catarrhale ovine de sérotype 1 (FCO 1) ? Sur le terrain, que signifie concrètement une échéance au 30 juin ?

Stéphanie Philizot, présidente de la SNGTV* : Je rêve que nous soyons collectivement un jour en mesure d'anticiper les actions sanitaires et ne pas mettre de façon répétée le réseau des vétérinaires ruraux sous tension. Cette mise à disposition tardive signifie organiser des chantiers de vaccination en quelques semaines, alors que les animaux sont déjà sortis.

La contention au pré est plus lourde, plus chronophage et, très clairement, plus complexe.

Pour les confrères ruraux, cela vient s'ajouter à une période déjà chargée. Le premier réflexe doit être d'anticiper la commande dans Calypsovet, sans attendre, puisque la règle du premier arrivé, premier servi s'applique sur un stock fini.

David Quint, président du SNVEL** : Disons-le clairement : nous comprenons la logique. Ces doses seront mieux valorisées injectées que laissées à la péremption dans les frigos de l'État.

Mais je rappelle que les discussions sur ce dossier ont eu lieu il y a déjà près de trois mois. Ce que nous déplorons, c'est une mise en place opérationnelle à moins de trente jours de l'échéance, à un moment de l'année où les animaux sont au pré.

Entre l'annonce et le 30 juin, la marge de manoeuvre sur le terrain est très réduite.

DV : Vous insistez aussi sur la question des moyens...

D. Q. : Oui. Nous souhaitons que l'État se donne réellement les moyens de sa gestion sanitaire. La vaccination, c'est un travail et une responsabilité qui engagent le vétérinaire. Il n'est pas envisageable que la profession en assume gratuitement la charge.

C'est tout le sens de la précision apportée : la prescription et la délivrance sont à la charge de l'éleveur et le vétérinaire reste libre de facturer la prestation associée.

Ce point n'est pas un détail comptable : c'est la reconnaissance de la valeur de l'acte.

DV : Pouvez-vous rappeler les modalités antérieures de prise en charge ?

D. Q. : Pour mémoire, l'État accordait jusqu'ici 5 AMV par atelier pour la délivrance des vaccins prescrits, adaptés aux besoins de l'élevage. C'est une référence utile pour mesurer le niveau d'accompagnement antérieur et apprécier ce que recouvrent les nouvelles modalités.

La cohérence de la politique sanitaire se juge aussi à l'aune de ces engagements dans la durée.

* SNGTV : Société nationale des groupements techniques vétérinaires.

** SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1803

« Toute reproduction, diffusion, traduction ou exploitation totale ou partielle de nos contenus de quelque nature que ce soit, accessibles gratuitement ou non, sans l’autorisation écrite et préalable de La Dépêche Vétérinaire, est strictement interdite (articles L. 335-2 du Code de la propriété intellectuelle) »
Envoyer à un ami

Password lost

Reçevoir ses identifiants