Universités de printemps du SNVEL : un panorama de la diversité d'exercice

Les directeurs des quatre ENV étaient présents. De gauche à droite : Christophe Degueurce (ENVA), Mireille Bossy (VetAgro Sup), Laurent Perrin (président du SNVEL), Laurence Deflesselle (Oniris), Pierre Sans (ENVT).

© Théo Delsarte

Maud LAFON

Théo DELSARTE

Événement

La diversité de l'exercice vétérinaire en clientèle était au coeur des Universités de printemps du SNVEL*, les 11 et 12 mai, à VetAgro Sup. Vétérinaires praticiens et étudiants des quatre écoles nationales vétérinaires y étaient réunis pour échanger sur les problématiques de la profession et débattre ensemble des pistes de solution possibles face, notamment, à la démission d'une partie non négligeable des des jeunes diplômés devant l'exercice en clientèle. Convivialité et interactions étaient comme d'habitude au rendez-vous.

Après l'édition 2022 au campus d'Oniris, à Nantes, le SNVEL* a poursuivi son tour de France des écoles nationales vétérinaires et organisé ses universités de printemps à VetAgro Sup, à Lyon, les 11 et 12 mai. Le thème de cette édition, la diversité de l'exercice vétérinaire en clientèle, a donné lieu à une quinzaine de conférences et une dizaine d'ateliers.

Réunissant plus de 60 étudiants venus des quatre écoles et plus de 90 professionnels (vétérinaires majoritairement mais aussi partenaires du SNVEL et de la profession tels que laboratoires, assureurs, avocats ou comptables), les universités se sont ouvertes, le 11 mai, avec un discours de Mireille Bossy, directrice générale de Vet­AgroSup, et de notre confrère Laurent Perrin, président du SNVEL. La présence des quatre directeurs des écoles nationales vétérinaires (ENV) françaises témoignait de l'intérêt des établissements pour ces journées qui se veulent riches en échanges entre étudiants et vétérinaires en exercice, grâce à la synergie entre ces écoles et le syndicat.

L'objectif principal de ces deux jours, en plus d'informer les plus jeunes sur l'exercice varié offert par le diplôme, était aussi de réfléchir sur un constat alarmant : une partie non négligeable des sortants d'écoles ne rejoignent pas ou abandonnent le métier de vétérinaire.

Imaginer ensemble des solutions

« Il ne faut pas perdre de temps à rechercher des responsabilités passées mais imaginer ensemble des solutions. Ces universités ont pour objectif d'initier cette réflexion », a rappelé le président du SNVEL en appelant à la poursuivre par la suite.

« Les échanges de ces deux jours illustrent la force d'une réflexion collective et la dynamique qui vise à renforcer le lien entre les professionnels vétérinaires et les ENV », a souligné Mireille Bossy. « Nous avons besoin des retours des professionnels pour faire évoluer la formation ».

La première journée a débuté par une intervention de deux avocats, Gaëlle Moulin et Jean-Louis Briot (Implid Legal), et un expert-comptable, Patrick Cavanna (R2C), qui ont précisé les caractéristiques des différents statuts possibles pour l'exercice vétérinaire : salarié, collaborateur libéral et associé, avec un focus particulier sur le statut du mandataire social. Les caractéristiques des rémunérations associées ont été détaillées par Patrick Cavanna.

L'après-midi, le SNVEL a présenté son fonctionnement avant de dresser un état des lieux des actualités professionnelles dans l'optique d'ouvrir des pistes de réflexion.

La journée s'est poursuivie par plusieurs interventions sur le maintien du maillage vétérinaire, notamment en zones rurales, avec un focus sur la région Auvergne-Rhône-Alpes et le plan d'aide aux vétérinaires qui a été mis en place.

Soutien des collectivités locales

« La feuille de route nationale élaborée en 2016 suite au premier colloque sur « Le vétérinaire, la carte et le territoire » s'est ensablée. Le travail avec les parlementaires et la loi Ddadue ont efficacement pris le relais en offrant la possibilité aux collectivités territoriales de donner des aides à l'installation ou à l'accueil des stagiaires pour les vétérinaires exerçant en productions animales », a rappelé Laurent Perrin. Il a souligné l'intérêt de s'intéresser d'abord à l'échelon local, la situation n'étant pas la même partout et ne requérant donc pas forcément les mêmes solutions.

« L'appel à manifestation d'intérêt a permis un diagnostic partagé sur l'enjeu et les solutions à y apporter et le travail continue aujourd'hui », a ajouté notre confrère.

« Il n'y a pas d'agriculture s'il n'y a pas de vétérinaires. Or l'agriculture intervient comme un véritable acteur de l'aménagement du territoire. Pour maintenir l'attractivité locale dans nos territoires et pérenniser cet écosystème, il nous faut être aux côtés des vétérinaires. Ce plan, doté de 1,5 million d'euros par an, n'est pas un effet d'annonce », a confirmé Fabrice Pannekoucke, vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Voté à l'automne 2022, ce dispositif a déjà motivé une vingtaine de dossiers dont sept en cours d'instruction. L'un d'eux a d'ailleurs été présenté par notre consoeur Camille Porret-Blanc qui fait partie des premiers bénéficiaires du plan.

Mettre l'accent sur l'exercice mixte

D'autres témoignages de solutions locales au maintien du maillage vétérinaire en zones rurales ont suivi et mis l'accent sur l'intérêt de l'exercice mixte. Notre confrère Pierre Bruyère, professeur en reproduction des ruminants à VetAgro Sup, a d'ailleurs demandé que le tutorat soit mixte, soulignant le fait que le manque de vétérinaires en territoires ruraux concerne aussi les vétérinaires canins.

La convivialité était de mise lors de la soirée qui a suivi et a débuté par un apéritif puis un repas au cours duquel étudiants et vétérinaires praticiens ont eu le loisir d'échanger en partageant des tables communes. Des roulements étaient effectués entre chaque plat pour que les étudiants puissent rencontrer de nombreux vétérinaires et donc se confronter à la diversité de l'exercice en clientèle. Une soirée dansante a terminé cette première journée riche en informations et en échanges.

Neuf ateliers

La matinée du 12 mai était consacrée à neuf ateliers dans lesquels se sont répartis les participants après inscription préalable. Ils ont échangé en petits groupes sur le sujet choisi afin de présenter un résumé de 180 secondes sur le thème abordé devant l'auditoire. Les ateliers, dirigés par plusieurs vétérinaires à chaque fois, étaient les suivants : « Être libéral et bien assuré pour sa santé, c'est possible » ; « Aider les jeunes diplômés à débuter en clientèle » ; « Quelles solutions pour organiser la PCS dans les zones semi-urbaines et rurales ? » ; « Comment donner un sens à sa vie en étant praticien en clientèle ? » ; « Comment réagir face aux agressions par les clients ? » ; « Généraliste : interniste, chirurgien, urgentiste... Un vétérinaire qui ne s'ennuie jamais ? » ; « Santé-Environnement : comment s'intégrer dans les actions locales ? » ; « Le mandat sanitaire en canine : relations avec les associations de protection animale, refuges ou fourrières » ; « Formation initiale : quel équilibre entre théorie et pratique » .

Les participants ont débattu sur ces sujets pendant deux heures avant d'effectuer la restitution de leurs conclusions, apportant ainsi des pistes de solutions face à chacun des problèmes soulevés (lire ci-après).

L'après-midi était placée sous le thème du bien-être des équipes vétérinaires, particulièrement motivant pour les jeunes diplômés en recherche d'un premier poste. APForm** a tout d'abord présenté les besoins de formation en management des vétérinaires.

Risques psychosociaux en clientèle

Olivier Torres, enseignant chercheur, a ensuite exposé sa vision d'entreprendre sans s'épuiser et de la santé du dirigeant au travail. Robin Lunetta, chargé des affaires juridiques au SNVEL, et Joëlle Finez, membre du conseil d'administration du syndicat, ont ensuite réalisé une présentation des risques psychosociaux en clientèle vétérinaire. Enfin, notre jeune confrère Jean-Baptiste Eon a parlé d'intégration des jeunes vétérinaires en clientèle.

A la fin de ces deux journées, Laurent Perrin a remercié tous les partenaires de cette édition (MSD, AG2R la mondiale, Hill's, R2C et Centravet), les participants et les différents organisateurs de ces universités (Anne Daumas, Françoise Bussiéras, Sophie Verdier, Ana Alkan, les équipes de La Dépêche Vétérinaire, d'APForm, de Resovet et d'Ingenium animalis). L'ensemble du SNVEL a remercié également VetAgro Sup pour son accueil et donné rendez-vous l'année prochaine à l'école vétérinaire de Toulouse.

Le mot de la fin de ces universités était destiné aux étudiants : « Ayez confiance en vous, n'attendez pas de trouver du sens à votre métier, vous avez le pouvoir de lui en donner un ».

* SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

** APForm : AnimalPro Formation.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1665

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