Un vétérinaire nommé au Conseil scientifique Covid-19

Notre confrère Thierry Lefrançois est spécialiste des approches intégrées et des réseaux de santé au Cirad et inspecteur de santé publique vétérinaire.

© Franck Dunouau

Santé publique

La nomination, le 17 février, d'un vétérinaire, Thierry Lefrançois, spécialiste des approches intégrées et des réseaux de santé au Cirad* et inspecteur de santé publique vétérinaire, au sein du conseil scientifique Covid-19, est saluée par la profession. Expression concrète de l'approche One Health, cette intégration d'un professionnel de la santé animale permet au conseil de compléter son approche pluridisciplinaire et globale sur une maladie d'origine animale.

Le ministre de l'Agriculture, l'Académie vétérinaire de France, le Conseil national de l'Ordre des vétérinaire (Cnov) ont unanimement salué l'entrée, le 17 février, d'un vétérinaire au Conseil scientifique Covid-19, comité de scientifiques constitué au titre de l'état d'urgence sanitaire déclaré pour faire face à l'épidémie de Covid-19.

Créé à la demande du président de la République et présidé par le professeur de médecine Jean-François Delfraissy, ce conseil accueille désormais notre confrère Thierry Lefrançois (Alfort 1992), spécialiste des approches intégrées et des réseaux de santé au Cirad* et inspecteur de santé publique vétérinaire.

Cette demande d'intégration d'un vétérinaire avait été formulée, le 30 octobre, par notre confrère député Loïc Dombreval, appuyé en ce sens par le Cnov et l'Académie (lire DV n° 1549).

Le conseil scientifique Covid-19 est chargé d'éclairer l'action gouvernementale dans la gestion de la crise sanitaire. Il rassemble 11 experts venant de différents champs disciplinaires (épidémiologie, médecine, virologie, infectiologie, sociologie, anthropologie...). Avec l'arrivée de notre confrère, il complète son approche pluridisciplinaire et globale.

Décret publié le 17 février

Le décret de nomination, daté du 16 février, a été publié au Journal officiel le 17 février.

« Les dernières décennies ont été marquées par des crises sanitaires qui ont souvent mis en évidence l'interdépendance entre l'animal, l'humain et les écosystèmes. Plusieurs zoonoses en témoignent comme par exemple la rage, l'ESB (...), les salmonelloses et bien sûr la Covid-19. Préserver la biodiversité, assurer la biosécurité des systèmes de production animale, en suivant une approche sanitaire globale, peut permettre de prévenir l'apparition et la propagation de ces maladies », estime le ministère de l'Agriculture qui ajoute que les politiques publiques « doivent s'inscrire concrètement et complètement dans l'approche One Health ».

Il rappelle que « les vétérinaires ont une expérience poussée de gestion des crises sanitaires au niveau national ou international, connaissent les coronavirus compte tenu de leur pratique quotidienne ou par les recherches conduites sur le sujet. Plus globalement, le secteur vétérinaire participe à l'effort de lutte contre la Covid-19 : les vétérinaires praticiens et les écoles nationales vétérinaires ont mis à disposition des hôpitaux du matériel médical, les laboratoires vétérinaires départementaux réalisent des tests de dépistage et de séquençage du virus afin d'identifier les variants, les laboratoires pharmaceutiques vétérinaires contribuent aujourd'hui au stockage des vaccins par la mise à disposition de congélateurs et certains ont proposé leurs services pour en produire sous licence ».

Espoir majeur

« Cette nomination d'un vétérinaire au conseil scientifique est un signe important de l'application concrète du concept Une seule santé qui, par ailleurs, a connu une avancée majeure avec la création d'un Conseil d'experts de haut niveau One Health/Une seule santé, annoncée dans le cadre du Forum de la paix de Paris 2020 avec le soutien de l'OMS**, de l'OIE*** et de la FAO**** et qui porte un espoir majeur dans la prévention et la gestion des futures épidémies mondiales », souligne pour sa part l'Ordre des vétérinaires.

Quant à l'Académie vétérinaire, elle estime que « la décision prise est justifiée par la connaissance pratique qu'ont les vétérinaires de l'épidémiologie prédictive et populationnelle, des dynamiques de diffusion des maladies infectieuses et de transmission inter-espèces, ainsi que des méthodes de lutte comme la vaccination. Les vétérinaires disposent également de compétences en matière de sécurité de la chaîne alimentaire. Ils ont une grande expérience de la gestion de crises sanitaires au niveau national et international, y compris lorsqu'il s'agit de maladies émergentes zoonotiques.
La Covid-19 est d'origine animale et les vétérinaires connaissent bien les coronavirus, qui affectent de nombreuses espèces »
.

* Cirad : Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.

** OMS : Organisation mondiale de la santé.

*** OIE : Organisation mondiale de la santé animale.

**** FAO : Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1562

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