Un essai de notre confrère Yves Soyeux sur le droit d'exercice des vétérinaires étrangers et/ou juifs avant, pendant et après Vichy
En s'appuyant sur l'analyse des textes, les archives administratives et la jurisprudence, notre confrère Yves Soyeux présente la genèse et l'évolution des législations et en décrit l'application pour les individus concernés.
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Berceau de l'enseignement vétérinaire, la France a longtemps accueilli et intégré des praticiens étrangers. Cette tradition, notamment à partir des pays d'Europe centrale et orientale, s'est accentuée dans le premier quart du XXe siècle.
Dans les années 30, le législateur réserve l'exercice des professions médicales et paramédicales, dont celle des vétérinaires, aux Français. Seuls les vétérinaires déjà installés sont autorisés à poursuivre à vie leur activité. Ces droits acquis sont remis en cause par le régime de Vichy (qui commence le 10 juillet 1940 NDLR), qui restreint le droit d'exercice aux seuls Français nés de père français. Des dérogations sont possibles pour les Français nés de père étranger et, à titre exceptionnel, pour les vétérinaires étrangers précédemment autorisés à exercer. Une cinquantaine de vétérinaires ont sollicité l'autorisation d'exercer. Elle est refusée pour six d'entre eux, dont Léon Palaria (1909-1944), Juif roumain qui connaîtra un sort tragique.
Pas de numerus clausus pour la profession vétérinaire
Dans le même temps, la législation antijuive de Vichy se met en place, notamment pour les professions libérales.
« Du fait du faible effectif de Juifs au sein de la profession vétérinaire, celle-ci échappa à cette législation. Aucun numerus clausus ne lui fut imposé », explique notre confrère Yves Soyeux (agrégé des écoles nationales vétérinaires, licencié en droit) dans son essai qui met au jour l'histoire méconnue du droit d'exercice des vétérinaires étrangers et/ou juifs avant, pendant et après Vichy.
En s'appuyant sur l'analyse des textes, les archives administratives et la jurisprudence, il présente la genèse et l'évolution de ces législations et en décrit l'application concrète pour les individus concernés, en insistant sur ceux qui en ont subi des conséquences funestes. V.D.
Le droit d'exercice des vétérinaires étrangers et/ou juifs avant, pendant et après Vichy, le parcours de Léon Palaria, vétérinaire juif roumain, et de plusieurs de ses confrères, Yves Soyeux, 286 pages, 30 euros, éditions L'Harmattan.






