Première en Europe : détection d'anticorps contre le virus influenza aviaire chez une vache laitière aux Pays-Bas

La vache positive avait présenté des signes de mammites ainsi que des problèmes respiratoires en décembre dernier.

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Santé publique

Les autorités néerlandaises ont rendu publique une première détection en Europe d'anticorps contre le virus influenza aviaire de type H5N1 chez une vache laitière. C'est aussi la première fois qu'une telle détection est confirmée hors des Etats-Unis où des centaines de vaches laitières ont été contaminées depuis 2024. Les investigations ont été menées à la suite de la découverte de deux chats malades qui fréquentaient l'élevage concerné.

Pour la première fois en Europe, des anticorps contre l'influenza aviaire de type H5N1 dans un échantillon de lait provenant d'une vache laitière aux Pays-Bas ont été détectés (sérologie positive mais virologie négative). Il s'agirait aussi de la première détection d'anticorps contre l'influenza aviaire chez une vache en dehors des États-Unis où le virus circule fortement chez les vaches laitières depuis 2024 avec plusieurs centaines de cas.

« Le parlement néerlandais vient d'être informé de ce cas, qui est donc désormais rendu public* », explique la Direction générale de l'alimentation en France dans un courriel Flash Info diffusé, le 27 janvier, auprès des représentants professionnels concernés.

Deux chats gravement malades ont ainsi été signalés, le 24 décembre, à l'Autorité vétérinaire néerlandaise (NVWA) afin d'être testés pour l'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Un chat (décédé deux jours plus tard) a été testé positif au virus H5N1 par PCR. L'autre chat, testé négatif, s'est rétabli.

Premiers échantillons prélevés le 15 janvier

Les chats provenaient d'une ferme laitière de la Frise et étaient élevés par une famille voisine de la ferme. Les chats n'étaient pas élevés à l'intérieur et se rendaient régulièrement à la ferme laitière (et à l'étable), où ils capturaient également des oiseaux sauvages dans les environs.

Conformément aux directives vétérinaires néerlandaises, il a été décidé de tester les vaches de l'élevage et le lait de la cuve pour détecter des traces éventuelles d'infection par le virus IAHP.

Des échantillons ont été prélevés le 15 janvier dernier. Sur les 127 vaches de l'exploitation, 20 ont été sélectionnées et des échantillons de lait ont été testés à l'aide d'un test PCR pour la détection du virus et d'un test Elisa pour la détection des anticorps. Les tests ont été effectués par Wageningen Bioveterinary Research (WBVR), le laboratoire vétérinaire de référence aux Pays-Bas.

Tous les échantillons (individuels et de lait de la cuve) se sont révélés négatifs à la PCR. Le 20 janvier, un échantillon individuel s'est révélé positif à l'Elisa et a également révélé des anticorps contre le H5N1 lors de la confirmation à l'aide d'un test Luminex. Deux échantillons Elisa positifs limites se sont révélés négatifs au test Luminex.

La vache dont l'échantillon s'est révélé positif avait présenté des signes de mammite ainsi que des problèmes respiratoires en décembre. La présence d'anticorps dans le lait, associée aux signes cliniques, a été considérée par les autorités vétérinaires néerlandaises comme la confirmation d'une infection par le virus de l'influenza aviaire chez l'animal.

Du lait pasteurisé sans risque pour la santé publique

Le lait de l'exploitation est uniquement utilisé dans des produits pasteurisés. Par conséquent, la consom­mation de produits laitiers provenant de cette exploitation n'est pas considérée comme un risque pour la santé publique. De plus, en raison de la mammite, le lait de la vache n'a pas été utilisé pour la consommation humaine depuis le début de la mammite, expliquent les autorités.

Afin de mieux évaluer la situation dans l'exploitation, des échantillons de sang et de lait provenant des 127 vaches de l'exploitation ont été prélevés par la NVWA le 22 janvier. Les résultats du test PCR ont été disponibles le 23 janvier.

Une fois encore, aucun des échantillons de lait n'était positif à la PCR, ce qui indique qu'il n'y a pas de transmission active du virus dans l'exploitation à l'heure actuelle, selon les autorités sanitaires.

L'échantillon de lait du réservoir était également négatif. Cinq tests n'ont pas donné de résultat et devaient être renouvelés le week-end des 24 et 25 janvier. Les résultats des tests Elisa étaient attendus au début de la semaine suivante.

Pas de symptômes chez les humains en contact

Le service régional de santé publique néerlandaise ont déjà été mis en rapport avec les contacts humains à risque de la vache car les personnes concernées étaient également des contacts à risque du chat positif au virus H5N1.

Après le signalement des chats, aucune de ces personnes n'a présenté de symptômes grippaux. Au total, 8 contacts à risque de la vache se sont vu proposer, le 23 janvier, des tests PCR et sérologiques pour le virus IAHP. Toutes les personnes à risque ont participé en fournissant au moins un échantillon de sang pour la sérologie. Les résultats des échantillons humains devaient être également attendus au début de la semaine suivante.

Selon l'avis d'un expert, il serait intéressant de récupérer la séquence du virus ayant été détecté chez le chat pour déterminer si c'est un génogroupe déjà détecté aux Etats-Unis ou si c'est un nouveau. M.J.

* Le rapport complet est disponible sur le site web du gouvernement néerlandais ici.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1784

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