L'association EcoVeto se positionne pour un encadrement réglementaire du déconditionnement des médicaments vétérinaires

L'absence de déconditionnement conduit à l'accumulation d'un stock de médicaments chez les clients.

© Laurent Hamels-Fotolia

Exercice

Alors que le déconditionnement de médicaments vétérinaires était jusqu'ici toléré, sans être ni officiellement autorisé ni véritablement encadré en France, l'article 88 du règlement européen 2019/6 relatif au médicament vétérinaire précise que les États membres peuvent décider qu'une autorisation de fabrication n'est pas exigée pour les préparations, divisions, changements de conditionnement ou de présentation des médicaments vétérinaires lorsque ces opérations sont exécutées uniquement pour le commerce de détail directement auprès du public.

Ce règlement laisse donc à la France le choix d'encadrer ou non la pratique du déconditionnement pharmaceutique des médicaments vétérinaires.

L'association EcoVeto, présidée par notre consoeur Floriane Lanord, constate que, « sans déconditionnement, la délivrance d'un excès de médicaments représente un surcoût pour le client » et que « la délivrance d'une quantité inadaptée à la prescription conduit à l'accumulation d'un stock de médicaments chez les clients », source de gaspillage financier et environnemental avec notamment un risque en santé publique (pollution des sols, antibiorésistance...).

« Les modalités de suivi médical et leur facturation constituent un autre débat », selon l'association qui estime que « l'absence de suivi médical pour des raisons financières ne doit pas être une excuse pour promouvoir une délivrance de plus de médicaments qu'initialement jugé nécessaire ».

Hors protocole de soins

L'association met à part les prescriptions à long terme dans le cadre des protocoles de soins.

Pour les autres cas, EcoVeto soutient donc « qu'une délivrance adaptée à la prescription permet :

- une meilleure observance du traitement et la détection d'erreurs d'observance par le vétérinaire traitant ou le propriétaire lui-même ;

- un meilleur suivi médical, en aidant le client à se rappeler de l'échéance du prochain suivi médical de son/ses animaux ;

- de diminuer l'impact environnemental des médicaments vétérinaires (protection des ressources et diminution des pollutions engendrées par la fabrication-élimination des médicaments) ;

- une économie pour les clients permettant de préserver leur pouvoir d'achat et par conséquent de contribuer à un meilleur suivi médical de leurs animaux ».

Elle souhaite qu'un cadre légal soit offert à la profession vétérinaire pour restreindre, réglementairement et systématiquement, sa délivrance à des quantités minimales et invite l'industrie du médicament vétérinaire à l'accompagner dans le développement de cette pratique. M.L.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1608

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