Hernie discale : bien l'aborder en pratique généraliste

Préalablement à l'examen neurologique, un examen général de l'animal est nécessaire.

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Chaque mois, le Dr Aymeric Mauverou, consultant expert Agria Assurance pour animaux, vous présente un cas pratique et fréquent, pris en charge par le service remboursement d'Agria. Ce mois-ci, est présenté l'abord de la hernie discale, affection rencontrée couramment en médecine vétérinaire, en particulier chez le chien. Elle peut parfois représenter un défi pour le généraliste car, si sa présentation clinique est souvent évocatrice, son diagnostic, ainsi que la décision opératoire prise avec le propriétaire semblent parfois difficiles. Les compétences chirurgicales nécessaires orienteront généralement le praticien vers un spécialiste. L'objectif de cette communication est de rappeler les éléments cliniques essentiels et les clés pour établir le diagnostic et orienter le propriétaire vers la solution (chirurgicale ou non) la plus adaptée avec confiance.

Définitions

La hernie discale est une compression de la moelle épinière par un disque intervertébral. L'ensemble de la colonne peut être touchée avec parfois plusieurs sites de hernies présents. La portion la plus fréquemment atteinte est la portion thoraco-lombaire (T3/L3). Deux types de hernies sont rencontrées :

- hernie discale de type 1 : secondaire à une dégénérescence du disque intervertébral, elle provoque une extrusion aiguë du noyau pulpeux du disque ; les signes cliniques sont donc généralement d'apparition récente et fonction de l'importance de la compression médullaire ; elle touche plus souvent les animaux de petites races d'âge moyen ;

- hernie discale de type 2 : elle est secondaire à une protrusion lente de l'anneau fibreux du disque ; les signes cliniques sont donc généralement chroniques et s'aggravent à mesure que la compression de la moelle progresse ; elle touche plus souvent les animaux de grandes races d'âge moyen à avancé.

Importance de l'examen neurologique

Préalablement à l'examen neurologique, un examen général de l'animal est nécessaire.

L'examen neurologique a deux objectifs : le premier est de localiser la région anatomique dans laquelle la compression médullaire est présente et le second, de déterminer le stade de l'atteinte afin d'orienter la prise en charge.

La localisation anatomique

L'examen de la démarche de l'animal va permettre de suspecter une parésie ou une paralysie des membres antérieurs et/ou postérieurs. Le reste de l'examen doit comporter :

- une manipulation de la tête et du cou et une palpation/pression de l'ensemble de la colonne afin d'y déceler une douleur ;

- une évaluation de la proprioception, des placers tactiles et des réflexes médullaires des 4 membres.

Le stade d'atteinte neurologique

- Stade 1 : douleur sans signe neurologique associé.

- Stade 2 : motricité altérée (parésie) mais l'animal peut encore marcher seul.

- Stade 3 : absence de déplacements spontanés mais mobilité des membres conservée.

- Stade 4 : paralysie complète sans aucun mouvement mais sensibilité profonde conservée.

- Stade 5 : paralysie totale et absence de sensibilité profonde.

Prise en charge initiale et explications au propriétaire

Comme dans de nombreuses affections neurologiques, un examen d'imagerie plus poussé sera certainement nécessaire pour arriver au diagnostic précis.

Dans notre pratique généraliste, après avoir localisé au mieux la lésion, il est important de guider et informer le propriétaire.

Il faut utiliser une approche simple et expliquer que, plus la moelle épinière (tube véhiculant les informations du cerveau jusqu'aux membres) est comprimée, moins les informations passeront. Dans l'ordre, la motricité des membres s'altère puis la mobilité et enfin la perception de la douleur, ce qui est évalué lors de l'examen neurologique.

De ces informations, nous concluons sur un stade gradué de 1 à 5 qui guide la prise en charge initiale.

Si le stade 2 n'est pas dépassé, plus généralement si l'animal est ambulatoire, un traitement médical peut être entrepris en première intention (AINS, antidouleur). Il est alors important de bien sensibiliser le propriétaire sur une possible évolution vers un stade plus avancé et donc la nécessité de se rendre dans un centre qui pourra prendre en charge les examens d'imagerie plus poussés et la chirurgie.

Si le stade est plus avancé, il est préférable de référer rapidement l'animal après lui avoir prodigué les premiers traitements pour soulager la douleur.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1729

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