Étiquetage des modes d'abattage : l'Ordre salue la démarche de l'OABA

Tout animal abattu doit être privé de conscience d'une manière efficace, préalablement à la saignée et jusqu'à la fin de celle-ci, rappelle l'Ordre.

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Protection animale

L'Ordre des vétérinaires déclare apporter son soutien à l'OEuvre d'assistance aux bêtes d'abattoir qui vient de déposer une requête en Conseil d'Etat en vue de l'instauration d'un étiquetage sur le mode d'abattage, avec ou sans étourdissement, des animaux (DV n° 1533). Cette demande est formulée par plusieurs organisations professionnelles vétérinaires, dont le SNVEL*, depuis de nombreuses années.

L'Ordre national des vétérinaires a annoncé, dans un communiqué du 30 juin, qu'il « salue la démarche de l'OEuvre d'assistance aux bêtes d'abattoir (OABA) en faveur d'un étiquetage des viandes qui vise à informer les consommateurs des conditions d'abattage en indiquant clairement la pratique d'un étourdissement efficace de l'animal ou non ».

L'OABA mène, en effet, une action devant le Conseil d'Etat « afin de mettre un terme à l'inaction des gouvernements successifs qui, depuis des années, refusent d'informer les consommateurs sur le mode d'abattage des viandes commercialisées » (lire DV n° 1533).

L'Ordre des vétérinaires déclare qu'il est « conscient des enjeux de bien-être animal et soucieux de préserver les animaux de toute souffrance évitable tout au long de leur vie » et, à ce titre, « réaffirme son attachement constant et intangible à deux principes fondamentaux, qu'il porte inlassablement, notamment au sein du Comité national d'éthique des abattoirs ainsi qu'auprès des parlementaires lorsqu'il est auditionné ». 

ll s'agit tout d'abord que « tout animal abattu doit être privé de conscience d'une manière efficace, préalablement à la saignée et jusqu'à la fin de celle-ci ».

En outre, « compte tenu des dérogations actuelles, dont la possibilité est prévue dans le droit européen et qui sont accordées aujourd'hui dans le droit français au nom du respect de la liberté de religion », il « considère qu'une information claire, via l'étiquetage, est (...) cruciale, au nom du respect du libre choix du consommateur, dans le domaine prégnant du bien-être animal, ainsi que de la liberté de conscience et de religion, mais sans aucune discrimination ».

Une demande ancienne de la profession

« Les modalités d'abattage, « avec ou sans étourdissement préalable », devraient pouvoir être étiquetées sur les viandes et produits carnés, en s'appuyant sur l'article 39 du règlement européen 1169/2011 prévoyant des mentions supplémentaires au nom de la protection du consommateur », précise -il.

Rappelons que les organisations professionnelles vétérinaires se sont emparées à plusieurs reprises de cette question de l'étourdissement et de l'étiquetage sur le mode d'abattage.

Elles avaient ainsi participé à une rencontre multidisciplinaire organisée, en janvier 2019, par l'OABA et la Fondation Brigitte Bardot, au cours de laquelle elles avaient réaffirmé leur position, à l'instar du SNVEL* (lire DV n° 1470). Ce dernier avait ainsi réitéré sa demande, formulée dès 2010, en faveur d'une « stricte application de la dérogation à l'étourdissement dans le cadre exclusif de l'abattage rituel destiné à la production de viande halal et casher, (d'un) recours à des méthodes permettant de mettre un terme à la longue agonie des animaux égorgés lors des abattages rituels et (d')un étiquetage informatif clair pour identifier la viande provenant d'animaux abattus sans étourdissement ».

* SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1536

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