Enquête sur l'indépendance et l'influence de l'arrivée d'investisseurs externes : des avis divergents selon le profil des vétérinaires

Six questions ont été posées, la première pour connaître les critères sur lesquels les vétérinaires se basent pour leurs choix professionnels, les cinq suivantes pour avoir leur avis sur les conséquences de l'arrivée d'investisseurs sur leur exercice et leur indépendance.

© David Quint

Françoise BUSSIÉRAS

Pierre MATHEVET

Jean-Baptiste LASSÈGUE

Sophie VERDIER

Anne DAUMAS

Exercice

L'avis des vétérinaires sur les conséquences de l'arrivée d'investisseurs dans les capitaux des structures d'exercice a été évalué par une enquête conduite par le SNVEL* auprès de plus de 1 000 confrères. L'optimisme ou le pessimisme quant aux conséquences attendues de cette évolution de l'exercice dépend en partie du profil des répondants.

Une enquête conduite par le SNVEL* dans le prolongement de ses travaux sur l'indépendance des vétérinaires a recueilli plus de 1 000 réponses entre septembre et décembre 2021.

Six questions ont été posées, la première pour connaître les critères sur lesquels les vétérinaires se basent pour leurs choix professionnels, les cinq suivantes pour avoir leur avis sur les conséquences de l'arrivée d'investisseurs sur leur exercice et leur indépendance.

Choix professionnels : d'abord la technique

A la question « Que privilégiez-vous dans vos choix professionnels ? » (figure n° 1), largement en tête, la prise en charge médicale de l'animal est choisie par 76 % des répondants. A contrario, la qualité du service rendu au détenteur n'est choisie que par un tiers des répondants : nous sommes une profession de soins, la relation privilégiée est celle envers l'animal avant le détenteur.

Ce sont les vétérinaires eux-mêmes qui sont demandeurs de plus de médicalisation, donc de plus d'investissements. Pourtant, nos clients sont des humains en quête d'un service. Ce décalage peut être une source certaine d'inconfort.

La qualité des soins et « ce qui est utile et juste » ne sont-ils pas des valeurs subjectives, sujets à l'interprétation de chacun ? On voit d'ailleurs que ce qui a trait au réglementaire ou à la science est en dessous de 40 %. N'y a-t-il pas une contradiction entre le oui à la médicalisation mais pas à la science ? Serait-ce le lit du développement de pratiques non basées sur les preuves ?

Les bonnes conditions de travail ne sont choisies que par 46 % des répondants. Donc plus de la moitié des répondants ne les met pas dans ses trois priorités même si ce paramètre arrive quand même en troisième place.

Les trois choix de chacun étant assez dispersés, il y a une assez grande variété des profils des vétérinaires à partir de leurs choix professionnels.

Les consignes validées par les pairs sont très minoritaire (8 %), l'esprit de groupe ou collectif a encore du chemin à faire, à moins que ce ne soit le signe d'une propension pour le fonctionnement participatif et le refus du management pyramidal ? Ou encore un signe d'indépendance et de liberté !

Revente à un investisseur : des conséquences négatives...

La deuxième question concernait les potentielles conséquences négatives de la revente de tout ou partie des capitaux d'une clinique vétérinaire à un investisseur (figure n° 2).

Tous les critères sont classés probables ou très probables à plus de 50 % mais l'augmentation des cliniques low cost et la perte de choix médical sont les moins choisies avec moins de 60 % (et « très probable » limité, proche de 20 %). Les vétérinaires pensent cependant à 72 % que les options médicales peuvent être guidées par la rentabilité. Cela veut-il dire que l'investisseur vous laisse le choix pourvu que ce soit rentable ?

Cinq critères sont classés dans les « très probables » à plus de 60 %, avec d'abord « la nécessité d'augmenter la rentabilité au profit des investisseurs », « la possibilité de revente par le premier investisseur à un autre investisseur » et « l'irréversibilité de la décision de revente ». Ces trois critères montrent une suspicion d'emprise des investisseurs sur ce qu'ils feront du capital et la demande de retours sur investissements, ce qui paraît conforme à ce statut.

Les deux autres critères sont « des découvertes a posteriori » et « la contrainte d'objectifs à atteindre ». Les vétérinaires imaginent un monde opaque qui devient décisionnaire de la stratégie des entreprises au détriment des équipes et des propriétaires. Ce sont les investisseurs qui vont décider mais on ne sait pas ce qu'ils veulent.

Message aux investisseurs ? Affichez vos valeurs par écrit, avec des promesses précises et des engagements.

On ne peut que rappeler les conclusions du rapport du SNVEL* sur l'indépendance : prenez les conseils de spécialistes en droit des sociétés vétérinaires (indépendants) quand vous envisagez une vente de vos clientèles.

Les vétérinaires sont près de 70 % à penser qu'il y aura une baisse globale de leurs revenus. On imagine qu'ils pensent que la valeur sera captée par les investisseurs plus que par ceux qui assurent le travail au quotidien.

... et des conséquences positives

La revente des capitaux d'une clinique à un investisseur peut aussi avoir des conséquences positives escomptées (figure n° 3).

On trouve largement en tête, probable et très probable à plus de 90 %, « récupérer du cash », et même plus de cash avec « vendre plus cher » puis « réponse à l'absence d'un repreneur vétérinaire ».

73 % pensent que c'est une opportunité pour changer de métier. Attention, cela ne veut pas dire que presque les trois quarts des vétérinaires interrogés veulent changer de métier mais plutôt qu'ils voient cette ouverture chez ceux qui passeront le pas.

C'est tout de même très inquiétant de l'évoquer à ce point et cela montre une vraie interrogation sur l'attractivité de notre métier. Peut-être est-ce aussi lié à une possibilité de liberté retrouvée face à un sentiment de carcan dans le statut d'associé car on sait qu'aujourd'hui, on n'envisage plus systématiquement de faire le même métier toute sa vie.

Environ 70 % pensent que cela ne va pas favoriser la transmission à des jeunes (mais 30 % pensent encore que si !) et que cela ne va pas améliorer le bien-être des salariés, sans doute en lien avec la valeur captée et la pression sur le résultat.

85 % des répondants disent que le revenu global des vétérinaires ne va pas augmenter et, pour 70 % d'entre eux, il n'y aura pas non plus une augmentation ciblée sur certains revenus, donc aucun vétérinaire gagnant dans l'affaire.

On voit donc se dessiner une vision très positive pour les préretraités mais négative pour ceux qui restent.

On observe de façon étonnante une certaine tiédeur sur la probabilité (à 55 % seulement) de pouvoir se recentrer sur son coeur de métier (alors que c'est le discours des groupes, leur crédibilité semble donc limitée sur ce sujet) et de lever de pied (54 %). En revanche, les vétérinaires voient plus probablement la possibilité de faire moins (73 %) ou plus du tout (68 %) de gestion et de mieux négocier auprès des laboratoires.

On trouve autour de 65 % pour la somme des avis probables pour « l'aide à l'investissement », « l'amélioration du plateau technique » et « l'apparition de nouveaux outils digitaux » mais avec seulement entre 16 et 18 % de « très probable », donc une croyance qui reste retenue.

Des critères intrinsèques d'indépendance

La quatrième question de l'enquête portait sur les critères intrinsèques garantissant l'indépendance des vétérinaires (figure n° 4).

Globalement, tous les critères listés ressortent comme des garanties probables de l'indépendance à plus de 70 %.

Deux d'entre eux apparaissent très majoritaires, à 97 et 96 % : « la liberté de prescription » et « la liberté de choix médicaux » mais on a vu que les vétérinaires n'étaient pas très inquiets sur la probabilité de leur perte. Donc c'est très important mais ce n'est pas ce qui leur semble le plus en danger.

On trouve ensuite entre 87 et 93 % des critères basés sur le choix : de décider, de référer, de se développer, de se former, de choisir son agenda et son temps de travail et de s'en aller. On voit qu'au-delà des protocoles médicaux, choisir comment et avec qui on va travailler est un critère majeur de l'indépendance pour environ
9 vétérinaires sur 10. Arrive de suite, à 82 %, le choix des prestataires et des fournisseurs : on peut d'ailleurs s'étonner que ce critère ne soit pas plus haut placé. La liberté de choix n'est-elle pas l'essence même d'une profession libérale ?

Puis, à une courte distance, apparaissent comme garantie d'indépendance des notions de capitaux, avec en premier « la majorité des droits financiers réservée aux vétérinaires en exercice » (82 %) puis « 100 % des capitaux aux vétérinaires » (78 %) et enfin « la majorité du capital aux vétérinaires en exercice » (76 %). Cela écorne certains groupes qui ne cochent pas ces cases. La détention du capital reste une garantie majeure d'indépendance pour les vétérinaires.

Les meilleurs critères d'indépendance seraient donc la liberté thérapeutique, les choix sur la façon d'exercer et la détention du capital.

Des garde-fous extrinsèques de l'indépendance des praticiens

Les avis sur les garde-fous extrinsèques de l'indépendance (figure n° 5) sont plus mitigés que pour les autres questions avec trois éléments seulement qui sont au-dessus de 50 % d'avis positifs et 35 % des répondants qui pensent qu'il n'y a pas de garde-fou possible. Il n'y a donc pas d'unanimité ni de large majorité pour les critères proposés. A moins que le peu de garde-fous envisagés montre une sorte de résignation.

En premier, se place le Code de déontologie, avec tout de même plus d'un quart des répondants qui pensent que ce n'est pas un bon critère et 56 % qui croient à la pertinence d'un autre organisme à créer, lui-même indépendant. Il faudra interroger les vétérinaires pour en savoir un peu plus sur ce qu'ils attendraient d'un tel organisme : des contrôles sur demande d'un confrère ou d'un client (donc un organisme qui ne pourrait pas contrôler spontanément ni systématiquement nos entreprises) ou un auto-allumage de l'organisme, voire une sorte de certification obligatoire avec audit ?

Le troisième élément qui recueille une majorité d'avis positif est l'égalité des remises sur les achats. En revanche, l'interdiction totale des remises n'est pas plébiscitée (43 % de probables).

Perte d'indépendance : des critères objectivables aussi par les clients

Des critères objectivables de perte d'indépendance du vétérinaire existent aussi du côté des clients (figure n° 6).

Globalement, tous les critères proposés sont probables à plus de 60 % pour les vétérinaires.

En premier, on trouve le changement de personnel et la standardisation, ce qu'on peut croiser avec l'idée que les vétérinaires voient ces critères comme des conséquences négatives de l'arrivée des investisseurs, témoins d'un effet délétère sur le bien-être des équipes mais sûrement pas l'apanage d'un modèle.

Les vétérinaires, qui déjà ne plaçaient pas la satisfaction client dans leurs priorités, la voient baisser avec la perte d'indépendance. Cela peut signifier que le vétérinaire qui n'aura pas de lien capitalistique avec son entreprise se souciera encore moins de la satisfaction client, à moins qu'il ait une indexation de son revenu sur ce critère ?

Encore une fois, on voit que le choix limité de prestataires n'est pas le critère mis en avant par les vétérinaires, qui ne semblent pas inquiets devant le fait d'orienter leurs clients vers des choix imposés.

Enfin, pour les vétérinaires, les clients percevront une hausse tarifaire comme un signe de perte d'indépendance. C'est peut-être ce qui les freine aujourd'hui pour agir sur ce point, même si on les entend souvent se plaindre à ce sujet. Mais comment faire un lien réel entre tarif élevé et indépendance ? En tous cas, les vétérinaires ont bien compris que les groupes allaient favoriser l'augmentation des prix et pas les cliniques low cost .

Nous n'avons ici que l'avis des vétérinaires qui imaginent ce qu'il y a dans la tête de leurs clients. Il serait très intéressant de sonder l'avis des clients eux-mêmes pour savoir vraiment ce qu'ils pensent. Le SNVEL avait travaillé en 2013 sur ce sujet (La Grande Enquête SNVEL-Bayer) auprès de 1 000 propriétaires de chiens et de chats. En conclusion, l'étude avait retenu ces attentes :

- le vétérinaire s'organise pour mieux connaître son client afin de développer un relationnel personnalisé ;

- 44 % des clients pensent que le vétérinaire ne leur présente pas toutes les options possibles ;

- la clinique doit avoir un aspect médical et accueillant, sans excès commercial ; la clinique vétérinaire se distingue visiblement d'un lieu commercial, avec des prix raisonnés, transparents, annoncés sur devis ou facture ;

- le propriétaire garde sa liberté d'achat hors de l'incitation abusive du vétérinaire.

Analyse par typologie de répondants : des critères qui comptent plus que d'autres

Même si notre enquête a recueilli un nombre de réponses très important, cette analyse par typologie doit être considérée avec beaucoup d'esprit critique et de retenue car aucune étude de signification statistique n'a été encore faite. Nous ne relevons ici que les différences les plus marquées.

Hommes-Femmes : une sensibilité féminine pour le soin ?

Les femmes de notre échantillon portent plus attention à l'animal, moins à la science et moins au détenteur ; elles voient plus de conséquences négatives à la revente de tout ou partie des capitaux d'une clinique vétérinaire à un investisseur (sur la perte de choix thérapeutique, la standardisation, le besoin de rentabilité au détriment des clients) sauf pour l'augmentation des tarifs et la baisse des revenus, qui sont pour elles moins probables (figure n° 7).

Elles sont plus convaincues que les hommes que les investisseurs ne vont pas favoriser la transmission aux jeunes, ni augmenter les revenus de la profession.

Pour les femmes plus que pour les hommes, pouvoir participer à des oeuvres sociales est un gage d'indépendance. Elles croient plus aux garde-fous externes que les hommes (avec des remises identiques, un organisme externe, le prix unique du médicament, une charte morale et la législation européenne).

Les femmes sont plus convaincues que le client verra des options standardisées et moins de choix.

Certains vont vite conclure que les femmes ont une sensibilité pour le soin au détriment de la science et surtout qu'elles n'y entendent rien aux données financières. Nous leur objecterons que ces différences peuvent aussi être liées à leur âge (plus jeunes) et à leur pratique (plus canines). A ce stade, nous nous garderons de conclure.

Age : les jeunes sont plus orientés sur la prise en charge médicale

Dans les priorités professionnelles, la prise en compte du détenteur augmente avec l'âge et les plus jeunes privilégient plutôt la prise en charge médicale de l'animal (figure n° 8). C'est plutôt logique puisque c'est le socle de notre métier à partir duquel le reste peut se construire. Il faudrait vérifier cependant que l'apprentissage des bases de la relation client se fait pendant aussi la formation initiale ; les jeunes pourraient avoir un train d'avance sur leurs anciens qui ont dû se former sur le tas à l'heure où la science de la communication n'était que très peu décrite.

Les jeunes voient moins que leurs aînés l'influence négative des investisseurs sur la baisse de leurs revenus mais ils ont sans doute moins de visibilité sur les revenus potentiels d'une carrière entière. En revanche, ils voient bien que les investisseurs ne vont pas leur faciliter l'acquisition des entreprises, alors que les plus de 60 ans y croient à 51 %.

Pour garantir l'indépendance, plus on est jeune et moins on se base sur la satisfaction du client ou sur le volume d'activité. En revanche, les moins de 30 ans montrent une plus grande sensibilité à la réalisation d'actions sociales. Ils pensent aussi qu'il peut exister des garde-fous pour garantir l'indépendance (à 80 %).

Et, plus on est jeune, moins on voit l'influence de l'apparition d'investisseurs sur l'indépendance vis-à-vis du client (mais c'est vrai qu'on ne pense pas trop au client...).

Ces tendances se rapprochent donc de celles détectées chez les femmes. Liées à l'âge ou au sexe ? Nous ne savons pas répondre puisque chez les vétérinaires, les femmes sont plus jeunes et les jeunes sont plus des femmes. Des études sur les générations montrent cependant que les jeunes sont moins intéressés par l'argent et plus attirés vers le lien social.

Statut : des différences liées à la connaissance des contraintes économiques

Les collaborateurs libéraux sont moins convaincus que les autres des conséquences négatives de la revente de tout ou partie des capitaux d'une clinique vétérinaire à un investisseur sur la contrainte d'objectifs, l'opacité, le reporting , la standardisation et la baisse des revenus alors que les titulaires sont les plus convaincus, signe peut-être de leur liberté d'action liée à leur statut (figure n° 9).

Les salariés sont ceux qui croient le plus au Code de déontologie comme garde-fou de l'indépendance et les étudiants avec les salariés sont ceux qui croient le plus à l'interdiction des remises, au contraire des titulaires qui sont évidemment plus directement concernés.

Cela évoque aussi une méconnaissance de la part des étudiants et des salariés des contraintes économiques de l'activité vétérinaire.

Filières : pas de différences majeures

Les vétérinaires en activité industrielle semblent nettement plus attachés au client qu'à l'animal dans leurs choix professionnels, ce qui n'a rien de surprenant, ainsi qu'aux exigences réglementaires. Les canins (au sens large) sont, eux, plus sensibles à la prise en charge de l'animal (figure n° 10).

Les vétérinaires en activité Nac voient dans l'arrivée des investisseurs la possibilité de se focaliser sur leur coeur de métier. Sinon, il n'y a pas de différences majeures entre les filières.

Capitaux : les indépendants se démarquent

Les indépendants (par raccourci, on dénomme ainsi les structures dont les vétérinaires titulaires exercent dans leur établissement de soins vétérinaires) se démarquent nettement, avec un choix plus porté vers ce qui est utile et juste, une majoration des conséquences négatives de l'arrivée d'investisseurs, une minoration des conséquences positives et une majoration des effets négatifs sur l'avis du client (figure n° 11).

Cette catégorie est la seule où on voit une attirance supérieure pour le libre choix de ses fournisseurs (de la part des indépendants).

Ceux qui exercent dans des chaînes avec investisseur non vétérinaire y voient une aide à l'investissement matériel. En revanche, ce sont ceux qui pensent le moins que cela va les aider à arrêter la gestion. Ils sont moins sensibles au choix des fournisseurs et à la satisfaction du client. Même s'ils sont moins nombreux que les autres, ils sont quand même 70 % à penser que le client va voir une standardisation des protocoles de soins et un changement fréquent de personnel.

Les vétérinaires qui exercent dans des groupes à capitaux 100 % vétérinaires sont ceux qui font le plus attention au service client et qui croient le plus à l'existence de garde-fous.

Nombre de vétérinaires : une charge de travail qui pèse plus quand on est moins nombreux

Moins on est nombreux et plus on se base sur ce qui est utile et juste. On voit aussi plus de conséquences négatives à l'arrivée d'investisseurs mais aussi plus de conséquences positives sur « arrêter la gestion » et « lever le pied », ce qui signifie peut-être que, moins on est nombreux, plus la charge de travail et de gestion est pesante face au côté médical qu'il faut assurer en même temps (figure n° 12).

Nombre d'ASV : un impact sur les critères de choix du vétérinaire

Plus les ASV sont nombreux (donc vraisemblablement de grosses structures canines, avec des spécialisations plus poussées), plus les vétérinaires se basent sur l'état de la science pour leur choix et voient moins de conséquences négatives de l'arrivée d'un investisseur au capital de la clinique sur leur pratique (la standardisation, le fait de devenir technicien, la perte de choix thérapeutique, l'arrivée de cliniques low cost ) (figure n° 13).

* SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

Gros Plan : Méthodologie utilisée

Cette enquête a été réalisée par le SNVEL* entre septembre et décembre 2021 dans le prolongement de ses travaux sur l'indépendance des vétérinaires.

Au sein de groupe de travail, le choix des questions a été fait par Céline Porret Condamin (présidente d'Ergone) et Pierre Mathevet (Tirsev). Ensuite, c'est Anne Daumas et Sophie Verdier, au siège du SNVEL, qui ont mis en forme le questionnaire et traité l'enquête. 1 008 réponses ont pu être analysées.

80 % des répondants ont entre 31 et 60 ans, avec une moyenne d'âge de 46,5 ans (Atlas Cnov** 2019 = 43,3 ans) : la proportion hommes/femmes est cohérente avec celle de l'atlas (figure n° 14).

Plus de libéraux titulaires

88,7 % des répondants exercent dans une structure d'exercice indépendante (où 100 % du capital est détenu par les vétérinaires en exercice dans l'établissement de soins vétérinaires).

Le statut des vétérinaires se répartit comme le montre la figure n° 15.

La population de libéraux titulaires est plus importante dans notre échantillon que dans l'atlas 2019 (autour de 60 %). En revanche, le taux de collaborateurs libéraux est le même (entre 5 et 6 %).

La taille des équipes est indiquée dans la figure n° 16. F.B.

* SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

** Cnov : Conseil national de l'Ordre des vétérinaires.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1614

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