Écoles vétérinaires privées : le collectif Vétérinaires en colère écrit à Gérard Larcher

Le collectif estime que le débat a été délibérément confisqué.

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Débat

Suite à l'adoption de la disposition autorisant l'ouverture d'écoles vétérinaires privées en France, le collectif Vétérinaires en colère-Contre l'ouverture d'écoles privées vétérinaires a écrit au président du Sénat, notre confrère Gérard Larcher. Intitulé « Pour une réflexion globale sur le maillage vétérinaire en zone rurale et sur l'avenir de la politique sanitaire » , ce courrier demande « la mise en place d'un moratoire suspendant l'application de l'article 22 bis ouvrant la possibilité de créer une école vétérinaire privée » . Nous le reproduisons intégralement.

« A Monsieur Gérard Larcher, Président du Sénat,

Cher Confrère,

Depuis plusieurs semaines, la profession vétérinaire - votre profession - est en émoi. Le Parlement a en effet approuvé l'ouverture de la formation des vétérinaires français.e.s à des acteurs privés, à la plus grande stupéfaction des organisations professionnelles, qui n'ont pas été consultées avant que les amendements portant ce projet ne soient brutalement déposés.

Cette privatisation de la formation d'une partie de nos futur.e.s consoeurs et confrères nous inquiète et nous révolte.

La soumission et l'approbation de ce texte se sont faites dans des conditions qui nous semblent opaques et précipitées, conditions qui jettent un doute sur les intérêts individuels des porteur.se.s de projet.

Les arguments le sous-tendant n'ont pas été débattus au sein de la profession ou sur la place publique.

S'ils l'avaient été, les parlementaires et nos concitoyen.ne.s auraient pu prendre la mesure de la complexité de la question du maillage vétérinaire en zone rurale, de la disparité des solutions alternatives proposées, et de l'importance fondamentale de maintenir une formation publique d'Etat - indépendante des groupes agro-alimentaires et pharmaceutiques - pour les agents de sécurité sanitaire et alimentaire que nous sommes.

Interpellé par notre consoeur Marie Cauchois sur France Inter jeudi 3 décembre, vous avez insisté sur l'importance que vous accordez à l'organisation d'un débat sur ces questions, et sur le rôle central que l'Etat doit avoir, selon vous, dans la politique de police sanitaire, en milieu rural notamment. Nous prenons note de votre position.

Vous n'ignorez pas, bien sûr, que le texte a été approuvé définitivement le 20 novembre dernier. Il est regrettable - pour ne pas dire choquant - que ni les parlementaires portant ces amendements, ni la direction de la DGER*, n'aient jugé utile de consulter ou d'écouter la profession avant le vote.

Nous estimons que ce débat a été délibérément confisqué.

Nous demandons la mise en place d'un moratoire suspendant l'application de l'article 22 bis ouvrant la possibilité de créer une école vétérinaire privée. Nous exigeons la tenue d'un débat au sein de la profession vétérinaire et au sein des territoires, afin de construire des solutions qui prennent en compte la réalité économique et sanitaire quotidienne des vétérinaires exerçant en milieu rural.

Nous attendons votre soutien plein et entier, cher confrère, afin qu'une discussion constructive et apaisée puisse renaître autour de ces problématiques. »

* DGER : Direction générale de l'enseignement et de la recherche.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1553

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