Disparition de notre confrère Marc Helfre, co-fondateur d'Alcyon et des GTV

© D.R.

Pierre BROUILLET

Président honoraire du GTV Rhône-Alpes et de l'UVRA*

Hommage

J'ai été très affecté par le décès de Marc Helfre. Avec un certain nombre de confrères, nous l'avons accompagné, avec sa famille, le 29 décembre dernier, à l'église de Saint-Galmier.

Par ces quelques phrases, j'espère témoigner de notre grande amitié. La dernière fois que nous nous sommes téléphonés, nous avions convenu de nous revoir dès que Marc irait mieux.

Grâce à sa grande volonté, son courage et son optimisme, il avait réussi à traverser plusieurs graves problèmes de santé ; j'étais persuadé qu'il gagnerait encore une fois. Nous avions encore beaucoup de choses à nous dire, nous avons tellement de souvenirs en commun.

En 1974, je me rappelle très bien de notre première rencontre. Il commençait le développement d'une des premières coopératives d'achat de médicaments en créant Covely, devenue Alcyon.

Ainsi, il y a presque 50 ans, j'ai immédiatement compris toutes ses qualités d'homme tourné vers l'avenir, précurseur, ayant toujours comme objectif d'apporter son aide à notre exercice professionnel.

J'ai découvert et apprécié sa façon de travailler : sa confiance envers autrui et son aptitude à déléguer. Les échanges étaient toujours empreints de gentillesse et de générosité.

A cette époque, Marc Helfre était aussi président du Groupement technique vétérinaire (GTV) de la Loire.

Au début des années 70, avec quelques confrères, il avait inventé les GTV. Il m'a poussé à m'occuper du GTV de l'Ain et en être le président puis, en 1981, à intégrer une commission nationale : la commission Qualité du lait. Ainsi, il m'a entraîné dans la grande épopée des GTV.

Nous avions rejoint le conseil d'administration de la section nationale des GTV à la fin des années 80.

Avec notre confrère Bruno Coche, nous avons créé le GTV régional Rhône-Alpes. Il en a été le premier président et, pendant de nombreuses années, il est resté très actif au bureau du conseil d'administration lorsque je lui avais succédé à la présidence.

Avec l'aide de Covely, il a permis au GTV de faire énormément d'innovations. Par exemple, avec Daniel Laurent et l'utilisation du Minitel, nous avons créé le premier réseau d'épidémiologie animale. Puis, avec l'informatique, il a été un des premiers à proposer de nombreux outils ayant comme objectif de développer nos activités professionnelles.

Tous les deux, nous avons ainsi siégé au conseil d'administration de la NIPPA, ce qui nous avait valu de faire de nombreux vols vers Nantes, dans le vent ou le brouillard. C'était l'époque des Fokkers et des Caravelles.

Ensuite, nous avons proposé d'autres outils dans le cadre des suivis de troupeaux : suivi mammites ou infécondité. Cela nous a permis de nombreux échanges avec nos partenaires.

En 1991, il m'a aussi épaulé lorsque, avec quelques autres confrères, nous proposions l'évolution de la SNGTV, maintenant Société nationale des GTV. L'histoire a montré l'extraordinaire développement de cette organisation. A l'image de Covely, puis d'Alcyon, toutes les coopératives de médicaments vétérinaires ont bien aidé.

Je me rappelle aussi de sa très grande aptitude à animer les réunions. Il permettait aux autres de s'exprimer avec sympathie et bienveillance, même s'ils n'étaient pas du même avis. Il aimait le contradictoire. Il savait remplir de vétos les salles de réunion à Genay puis aux Échets.

Il aimait les échanges. Combien d'heures avons nous passées dans son bureau, souvent très tard ?

Avec nos partenaires, son opiniâtreté et sa fidélité à ses principes ont toujours permis d'arriver à une solution acceptable. Ce fut le cas dans les échanges parfois mouvementés avec les organisations agricoles de la région : chambres d'agriculture, syndicats agricoles, GIE Lait Viande, centre d'éco-pathologie ou groupements de défense sanitaire.

Quand j'étais au Conseil national de l'Ordre des vétérinaires, avec notre ami Paul Chambon, qui avait fait un mémoire sur le médicament vétérinaire, nous avons organisé un certain nombre d'évènements autour du médicament vétérinaire, réunion d'information avec les médecins et pharmaciens, conférences de presse dans le cadre de l'Union vétérinaire Rhône-Alpes. Il avait été très actif pour l'implication de Covely dans notre structure.

Malgré son activité très chargée, il a été très attaché à donner de son temps à des activités bénévoles. Ainsi, ensemble, dans le cadre de Ceveo**, nous avons fait de nombreux voyages à l'étranger. Je me rappelle surtout de la Tunisie, de la Pologne, du Kirghisztan et, bien sûr, du Vietnam. Il a été un formidable compagnon de voyage avec toujours un grand esprit de curiosité et humour.

Il a aussi été le président du Groupement national des vétérinaires retraités, géré toujours avec les mêmes principes. Il a organisé de nombreux regroupements dans notre région. Cela nous permettait, avec plaisir, de retrouver nos confrères retraités.

Et puis, grâce à son épouse, Michèle, avec son dévouement ces dernières années, elle l'a souvent véhiculé. Il a pu ainsi nous rejoindre dans des réunions qui se terminaient souvent fort tard dans la soirée.

Je n'ai évoqué ici que quelques-unes des qualités de Marc Helfre. Il a été un véritable ami. J'ai été fier de côtoyer un homme d'une grande confraternité, gentil, distingué et cultivé. Je garderai de lui un inoubliable souvenir.

Je ne peux que remercier Marc.

* UVRA : Union vétérinaire Rhône-Alpes.

** Ceveo : Coopération et échanges vétérinaires Est-Ouest.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1600

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