Antimicrobiens : la liste de molécules réservées aux humains ne fait pas l'unanimité au sein de la commission Envi

La Fédération européenne vétérinaire rappelle que l'interdiction de l'utilisation vétérinaire de la colistine aurait un impact sur le bien-être des animaux.

© David Quint

Santé publique

Les eurodéputés de la commission Environnement, santé publique et sécurité alimentaire du Parlement européen se montrent critiques sur le maintien de la colistine dans l'arsenal thérapeutique vétérinaire. La même commission avait déjà voté une restriction importante de cet arsenal en juillet 2021, entraînant une forte mobilisation des acteurs du monde animal. Cette restriction avait heureusement été rejetée.

Les eurodéputés de la commission Environnement, santé publique et sécurité alimentaire (Envi) du Parlement européen se sont montrés critiques, le 11 mai, à l'occasion d'un échange avec la Commission européenne, sur la liste d'antibiotiques que celle-ci prévoit de réserver à un usage pour les humains.

La Commission européenne a soumis un projet de règlement sur la base de l'avis scientifique sur les groupes d'antimicrobiens qui doivent être réservés exclusivement au traitement des infections chez l'Homme et donc interdits en médecine vétérinaire.

La colistine indispensable à la santé et au bien-être animaux

Les eurodéputés de la commission Envi sont particulièrement sceptiques sur le maintien de l'autorisation de la colistine pour une utilisation en élevage.

La Fédération européenne vétérinaire (FVE) salue au contraire ce choix, estimant que l'interdiction de l'utilisation vétérinaire de la colistine aurait un impact sur le bien-être des animaux (lire DV n° 1618).

« Les preuves scientifiques actuelles ne recommandent pas d'interdire l'utilisation de la colistine chez les animaux ». Les ventes « à usage vétérinaire sont en baisse et la prévalence de la résistance chez les animaux reste faible », estime la FVE.

« Notre analyse montre que cette molécule est nécessaire dans le traitement de certaines infections vétérinaires très graves » et « son utilisation est déjà en forte baisse », justifie, pour sa part, Claire Bury, directrice générale adjointe à la Santé à la Commission européenne.

Mise à jour possible de la liste

Elle rappelle que le texte prend en compte d'autres commentaires du Parlement en précisant notamment que les molécules de la liste sont uniquement réservées aux humains et que, si de nouvelles données étaient disponibles, le texte serait mis à jour.

« Nous sommes déjà en retard. Il faut maintenant que nous avancions. Ce texte n'est qu'une première étape, même si elle n'est pas parfaite », fait-elle valoir. Elle précise également que la Commission européenne travaille à appliquer une interdiction du recours aux molécules de cette liste dans les importations venant de pays tiers.

Rappelons qu'en juillet dernier, la commission Envi avait déjà défrayé la chronique en actant une restriction drastique de l'arsenal antibiotique vétérinaire pour réserver certains antimicrobiens pourtant indispensables à la santé animale aux humains. Cette position avait entraîné une forte mobilisation de la profession vétérinaire et de tous les acteurs soucieux de la préservation de la santé animale et du bien-être animal.

La restriction n'avait finalement pas été votée en séance plénière du Parlement européen et n'avait pas été reprise dans l'avis de Agence européenne du médicament sur les antimicrobiens publié en mars dernier (lire DV n° 1610). M.J.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1620

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