Abattage : SNVEL, FSVF et SNISPV et des associations de défense animale demandent « l'insensibilisation de tous les animaux »

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Protection animale

Publiée dans Le Monde du 20 juin, une tribune cosignée par trois syndicats vétérinaires - SNVEL*, FSVF, SNISPV - ainsi que l'OABA et la Fondation Brigitte Bardot demandent aux autorités l'insensibilisation de tous les animaux lors de leur abattage ainsi que la traçabilité des viandes grâce à un étiquetage informatif des viandes issues d'animaux étourdis avant la jugulation.

Le SNVEL*, la Fédération des syndicats vétérinaires de France (FSVF) et le Syndicat des inspecteurs en santé publique vétérinaire (SNISPV) cosignent dans Le Monde du 20 juin, avec l'OEuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs (OABA) et la Fondation Brigitte Bardot, une tribune intitulé « Abattage sans étourdissement : en finir avec la souffrance animale et la tromperie des consommateurs ».

Les trois syndicats vétérinaires et les deux associations de protection animale y demandent « l'insensibilisation de tous les animaux lors de leur abattage (étourdissement réversible avant la jugulation si la technique est disponible, soulagement le plus rapidement après la jugulation dans le cas contraire) et la traçabilité des viandes grâce à un étiquetage informatif non stigmatisant des viandes issues d'animaux étourdis avant la jugulation ».

Souffrances inutiles

Particulièrement bien argumenté, le texte rappelle les preuves scientifiques « indiquant clairement que l'abattage sans étourdissement est responsable de souffrances inutiles », la position des instances vétérinaires en France comme en Europe estimant que « le recours à l'étourdissement permet d'éviter des souffrances inutiles » et un rapport du CGAAER** qui précise que l'abattage sans étourdissement est mal adapté à l'espèce bovine et recommande un étourdissement immédiatement après la jugulation. 

La tribune fait état également du positionnement des instances européennes sur la question. Le Parlement européen a ainsi voté pour demander que les animaux soient étourdis « sans exception avant l'abattage rituel religieux dans les Etats membres ».

La Cour de justice de l'Union européenne reconnaît, elle, « que la pratique de l'abattage rituel, dans le cadre duquel l'animal peut être mis à mort sans étourdissement préalable (...) n'est pas de nature à atténuer toute douleur, détresse ou souffrance de l'animal aussi efficacement qu'un abattage précédé d'un étourdissement ».

Liberté de conscience

Quant à la Cour européenne des droits de l'Homme, elle considère que la liberté de religion « ne doit pas enfreindre la liberté de conscience de tout citoyen qui ne partage pas la même religion ou qui n'a pas de religion. Or, la viande provenant d'animaux abattus sans étourdissement selon les rites des religions musulmane et juive peut se retrouver dans les circuits classiques de commercialisation, sans information du consommateur ».

« Notre pays ne peut plus ignorer ces données scientifiques, juridiques et politiques », soulignent les signataires.

« La stratégie 2016-2020 de la France pour le bien-être des animaux en France doit impérativement mettre un terme à la souffrance des millions d'animaux abattus sans étourdissement si son ambition est de répondre aux attentes sociétales. Le consommateur doit quant à lui disposer d'une information transparente sur les conditions d'abattage des animaux, conformément aux dispositions de l'article L.1 du Code rural, lui permettant de choisir ses viandes selon ses convictions personnelles. » M.J.

Encore plus d'infos !

L'intégralité de la tribune est en ligne à l'adresse : https://bit.ly/2x7IG33

* SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

** CGAAER : Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1490

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