Vacciner ou non contre la Covid-19 : « La décision appartient à chaque vétérinaire »

Laurent Perrin est président du SNVEL.

© Jacques Graf

Santé publique

La Dépêche Vétérinaire : Un décret, publié le 27 mars, autorise les vétérinaires volontaires à pratiquer la vaccination contre la Covid-19. Comment accueillez-vous cette autorisation ?

Laurent Perrin, président du SNVEL* : C'est la reconnaissance de leur professionnalisme dans un acte qu'ils sont habitués à promouvoir et à pratiquer dans leur exercice quotidien. Leur inclusion dans les équipes des centres de vaccination, en coordination avec les médecins, leur permettra d'apporter leur aide dans un cadre sécurisé en termes de responsabilité.

L'autorisation de rejoindre les personnels autorisés à vacciner, lorsque le facteur limitant ne sera plus l'approvisionnement en vaccins mais les vaccinateurs, est la reconnaissance de la complémentarité des professionnels des deux santés, humaine et animale, dans une crise telle que celle que nous traversons actuellement.

D.V. : Encouragez-vous les confrères à s'impliquer dans cette campagne ?

L.P. : Une partie des confrères souhaitaient pouvoir appuyer la campagne de vaccination. La possibilité leur est désormais ouverte.

Les vétérinaires ne sont pas réquisitionnés. Il est fait appel à leur volontariat. Comme pour l'engagement dans la réserve sanitaire, la décision appartient à chaque vétérinaire. 

D.V. : De quelles autres façons, pourraient-ils participer à l'effort national de lutte contre cette maladie ?

L.P. : En début de crise, les vétérinaires ont immédiatement participé à l'information du grand public sur ce qu'était le virus et la nécessité de l'application des gestes barrières et l'intérêt de la vaccination dans le cadre de leur exercice quotidien auprès des propriétaires d'animaux.

Ils se sont inscrits dans la réserve sanitaire sans finalement être sollicités. Ils ont mis à disposition leur matériel de protection et de réanimation.

La mise en oeuvre des tests dans les laboratoires vétérinaires, l'entrée d'un vétérinaire dans le conseil scientifique sont des mesures qui sont arrivées, mais tardivement, il faut bien le constater.

L'autorisation de participer à la campagne de vaccination vient parachever les possibilités ouvertes à la profession de participer à cet effort. L'éventail des possibilités est désormais large.

Le retour d'expérience de cette crise devra permettre de mettre en oeuvre effectivement toutes ces mesures dès le début de l'éventuelle prochaine crise.

* SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1568

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