Prascend pour chevaux : alerte sur des cas d'ingestion humaine accidentelle

Prascend ND est un médicament vétérinaire indiqué dans le traitement symptomatique des signes cliniques associés au syndrome de Cushing équin.

© Philippe Ciantar

Sandrine ROUGIER

Elisabeth BEGON

Flore DEMAY

Sylviane LAURENTIE

Département Inspection, surveillance du marché et pharmacovigilance

Anses-ANMV*

Pharmacovigilance

L'Anses-ANMV* alerte sur le risque utilisateur lié au médicament pour chevaux Prascend ND dans un communiqué du 23 février. Cette alerte est motivée par une étude sur les déclarations d'effets indésirables chez les utilisateurs (vétérinaires et propriétaires d'animaux) qui montre que ce médicament est particulièrement impliqué dans les cas d'ingestions accidentelles à cause de ses modalités d'administration sur le terrain (souvent caché dans une pomme ou un morceau de pain pour le donner au cheval). L'agence souhaite donc attirer l'attention des vétérinaires sur cette problématique afin qu'ils puissent l'évoquer avec leurs clients et limiter ce risque d'ingestion accidentelle. Nous publions ici l'intégralité de son communiqué.

« Prascend ND, comprimé à base de pergolide, est un médicament vétérinaire indiqué dans le traitement symptomatique des signes cliniques associés au dysfonctionnement du lobe intermédiaire de l'hypophyse ou dysfonctionnement de la Pars Intermedia pituitaire chez le cheval, affection plus connue sous le nom de syndrome de Cushing équin. Le pergolide est un dérivé synthétique de l'ergot de seigle et, par conséquent, un agoniste puissant des récepteurs de la dopamine.

Une étude réalisée à partir de l'ensemble des cas humains d'évènements indésirables déclarés en 2018 en France suite à l'utilisation d'un médicament vétérinaire a montré que Prascend ND était le premier médicament impliqué dans des cas humains, juste après les anti-parasitaires externes (11 cas sur l'année).

Signes cliniques dans l'heure

Sous la forme de petits comprimés, le risque d'ingestion accidentelle d'un comprimé de Prascend ND par une personne n'est pas à négliger. En effet, pour des questions de commodité, le comprimé est souvent caché dans un peu de nourriture avant de le présenter à l'équidé traité. La préparation du comprimé, le plus souvent caché dans une pomme ou un morceau de pain, s'avère souvent différée de son administration, laissant le temps à une tierce personne non informée, de consommer la pomme ou le morceau de pain.

La préparation différée du traitement destiné à un animal est toujours à risque d'accident. Aussi, lors de la prescription de Prascend ND, il est important d'informer le propriétaire de ce risque.

Les principaux signes cliniques observés à la suite d'une ingestion s'expliquent par les propriétés dopaminergiques du pergolide. Ainsi, on observe principalement des nausées et/ou des vomissements, de la fatigue, un état de malaise ou d'asthénie, parfois de la confusion mentale, des vertiges, des maux de tête, et/ou des troubles cardio-vasculaires comme de l'hypotension, une bradycardie ou des palpitations.

Les premiers signes apparaissent rapidement, généralement dans l'heure qui suit l'ingestion.

Modification du RCP

Du fait de ce profil clinique, le résumé des caractéristiques du produit de Prascend ND a été modifié en octobre 2020 avec la mise à jour des précautions à prendre par la personne qui administre le médicament (rubrique 4.5).

L'Anses-ANMV* souhaite ainsi rappeler qu'en cas d'ingestion accidentelle, la consultation rapide d'un médecin est recommandée mais, de par la nature des signes observés, notamment d'ordre neurologique, la personne devra éviter de conduire elle-même. L'utilisation de machines est également fortement déconseillée.

Pour déclarer un effet indésirable chez l'Homme suite à l'utilisation d'un médicament vétérinaire : https://urlz.fr/7HQQ. »

Encore plus d'infos !

Sur le médicament :  https://urlz.fr/eZ87 ; et sur le rapport d'étude sur les expositions humaines à des médicaments vétérinaires en 2018 : https://urlz.fr/eZ8b

* Anses-ANMV : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail-Agence nationale du médicament vétérinaire.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1563

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