Covid-19 : deuxième chat infecté en France, moins de dix au niveau mondial

Une enquête sérologique multicentrique est en construction pour mieux évaluer la circulation du virus chez les chats.

© Marc Movant-Fotolia

Épidémiologie

Après un premier chat porteur du SARS-CoV-2 dépisté par l'école vétérinaire d'Alfort, le 2 mai, c'est au tour de l'école vétérinaire de Toulouse de faire part d'un cas de contamination féline, le 12 mai, vraisemblablement d'origine humaine. Ce deuxième cas français, moins de dix au niveau mondial, ne remet pas en cause l'analyse scientifique qui exonère les animaux de compagnie dans la transmission humaine du Covid-19.

Un nouveau chat infecté par le SARS-CoV-2 a été identifié à Bordeaux par l'école vétérinaire de Toulouse (ENVT) qui l'a annoncé le 12 mai.

« Comme pour des cas précédemment identifiés dans le monde, le chat vivait avec des personnes fortement suspectes d'avoir contracté le Covid-19 », précise l'école.

Son unité mixte de recherche IHAP (UMR INRAe-ENVT) et son centre hospitalier universitaire des animaux de compagnie (Chuvac) étudient les cas suspects de Covid-19 chez les carnivores domestiques, notamment les chats et les furets. Cette recherche est menée au sein d'un projet collaboratif avec l'école vétérinaire d'Alfort et en lien avec VetAgro Sup.

« Le chat prélevé était atteint de troubles respiratoires et a été examiné à plusieurs reprises par un vétérinaire praticien. La toux persistait malgré le traitement anti-infectieux et anti-inflammatoire », explique l'école.

Prélèvement naso-pharyngé

La présence de virus s'est avérée positive à partir d'un prélèvement naso-pharyngé, par un premier test qRT-PCR ciblant le gène E du SARS-CoV-2, puis a été confirmée par un deuxième test PCR ciblant le gène RdRp (cibles IP2 et IP4) du virus. Les écouvillons rectaux de cet animal ont été testés négatifs. D'autres analyses sont en cours au laboratoire IHAP pour caractériser le virus.

Il s'agit du second cas rapporté en France d'infection naturelle d'un chat, après un premier cas identifié dans l'Essonne, le 2 mai (lire DV n° 1528). Six cas ont été décrits dans le monde jusqu'à maintenant : deux en France, deux aux Etats-Unis, un en Belgique et un à Hong-Kong (lire DV n° 1523 et DV n° 1528).

« Les investigations réalisées ont bénéficié du réseau de vétérinaires praticiens référents du Chuvac de l'ENVT. Une enquête sérologique multicentrique est également en construction pour mieux évaluer, a posteriori, la circulation du virus chez les chats », ajoute l'établissement qui souligne que, même si « les chats paraissent être réceptifs et sensibles au SARS-CoV-2 (...) le nombre de cas naturels signalés à ce jour dans le monde est extrêmement faible » (lire aussi DV n° 1524).

Evénement rare

« A ce stade des connaissances scientifiques, l'infection des chats domestiques semble un événement rare. Les chats ne sont pas considérés comme des acteurs de la pandémie humaine. L'infection du chat a toujours été décrite dans le sillage et comme la conséquence de l'infection humaine. En particulier, rien ne permet de suspecter que le chat représente un risque de contamination pour l'Homme », rassure l'école qui rappelle également que l'avis de l'Anses* du 20 avril a conclu qu'il n'existait aucune preuve que les animaux de compagnie et d'élevage jouent un rôle épidémiologique dans la propagation du virus SARSCoV-2. « Ce deuxième cas décrit en France d'infection du chat ne change pas cette analyse scientifique », conclut l'ENVT. M.L.

* Anses : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail.


Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1529

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